Le gouvernement a dévoilé vendredi 3 avril 2026 les résultats financiers de la hausse des prix des carburants, impactée par le conflit au Moyen-Orient.
Ce ne sont que de « premières estimations ». Lors d'une conférence de presse, le ministre de l’Action et des Comptes publics, David Amiel, a formellement rejeté l'idée d'une « cagnotte » au sein de l’exécutif. Avec 270 millions d’euros de surplus de recettes générés en mars, il insiste sur le fait que « le surplus de recettes » est « très inférieur au coût de la crise pour les finances publiques », comme rapporté par Franceinfo.
Une hausse des intérêts de la dette française
Concernant la TVA, le ministre a précisé que « le supplément de recettes s’élèverait à 120 millions d’euros » par rapport à mars 2025. Pour les accises sur les carburants, qui dépendent des volumes vendus, il a évoqué un « surcroît très temporaire », atteignant 150 millions d'euros, constaté principalement en début de mois lorsque la demande était forte. Cependant, ces recettes sont jugées « très fragiles », car face aux prix élevés, les consommateurs pourraient rapidement réduire leur consommation.
David Amiel a souligné que le coût de la crise pour les finances publiques était à ce jour évalué à « 430 millions d’euros ». Cela comprend « 130 millions d'euros de dépenses de soutien » pour les secteurs impactés tels que le transport, la pêche et l’agriculture, ainsi que « 300 millions » pour faire face à la hausse des intérêts de la dette, conséquence de la guerre. « Voilà pourquoi le gouvernement affirme que cette crise a un coût élevé pour nos finances », a-t-il ajouté.
Nouvelles aides ciblées en préparation
Alors que le prix du gazole approche 2,282 € le litre, Sébastien Lecornu a indiqué envisager de nouvelles aides « ciblées », appelant à un dialogue avec ses ministres dans les jours à venir. Le ministre a insisté sur une approche « ciblée », en contraste avec les mesures généralisées de 2022, qui avaient largement agi sur le déficit public.
Un précédent lourd
En effet, selon un rapport publié par la Direction générale du Trésor, ces aides avaient coûté 60 milliards d’euros de 2022 à 2024 pour gérer la flambée des prix de l'énergie. Ce phénomène a déjà entraîné un déficit public de 5,8 % du PIB. « Ce n’est surtout pas le moment de répéter les erreurs du passé », a averti Anthony Morlet-Lavadalie, économiste à Rexecode, soulignant l'importance de maintenir une vigilance budgétaire.







