Vérifier tout d'abord ses blessures, se cacher, et trouver de l'eau : un ancien pilote de l'armée de l'air américaine a partagé avec l'AFP ses conseils pour survivre après avoir été éjecté en territoire ennemi. Ce récit prend une résonance particulière alors qu'un pilote américain fait l'objet de recherches après l'abattage de son avion au-dessus de l'Iran.
"Imaginez la scène : vous venez de sauter en parachute, juste après avoir été à bord d'un chasseur à 800 km/h, et un missile vient d'exploser à quelques mètres de vous", raconte Houston Cantwell. Ancien général de brigade, Cantwell a été formé pour gérer des situations identiques à celle du pilote de F-15E actuellement recherché.
La première étape est de s'assurer qu'aucune blessure n'est survenue, que ce soit par le tir ennemi, l'éjection ou l'atterrissage. "De nombreux récits de survivants du Vietnam évoquent des blessures sérieuses causées par l'éjection", précise-t-il.
Une fois que le pilote s'est assuré de sa condition physique, il doit tenter de localiser son emplacement. La capacité de s'orienter pendant la descente est primordiale, afin d'éviter de se poser à proximité d'une base militaire ennemie.
L'objectif principal devient alors d'échapper à la capture le plus longtemps possible. Le camouflage est de mise, jusqu'à ce qu'une opération de sauvetage se présente.
- Se déplacer de nuit -
Lors d'une éjection, les pilotes disposent de peu d'outils : "de l'eau, du matériel de survie, et une radio pour signaler leur position". Dans son expérience en F-16, Cantwell avait également une arme à feu.
La nécessité de l'eau est cruciale : "Vous pouvez vivre un certain temps sans nourriture, mais pas sans eau", rappelle-t-il. Il suggère également de s'installer dans un endroit visible pour faciliter l'exfiltration par des équipes de secours, que ce soit sur un toit en milieu urbain ou dans une clairière en pleine nature.
"Si je dois me déplacer, ce sera la nuit, pour diminuer les chances d'être repéré", souligne-t-il.
Lors d'interventions comme celle en Iran, chaque branche de l'armée américaine maintient des forces prêtes à exfiltrer des pilotes en difficulté, apportant un certain réconfort à ces derniers. "Vous savez qu'ils feront tout pour vous récupérer", confie Cantwell.
- Un survivant en ex-Yougoslavie -
Scott Fales, ancien agent des forces armées, partage sa propre expérience, évoquant l'opération "Black Hawk Down" en Somalie, qui a coûté la vie à 18 soldats en 1993. Lors d'évacuation, la coordination est essentielle : "Nos tireurs surveillent les menaces pendant que les pilotes observent les zones d'atterrissage".
Le scénario d'un pilote perdu est également illustré par le cas de Scott O'Grady, dont le F-16 a été abattu en 1995. Sa capacité à se dissimuler dans la végétation a été clé pour sa survie. "J'ai enseveli mon visage dans la boue, espérant ne pas être découvert", se rappelle-t-il. Après six jours d'isolement, un commando, guidé par le signal de sa radio, parvint à le sauver grâce au brouillard matinal.
O'Grady, acclamé comme un héros, rappelle l'importance de la résilience en temps de crise.







