Le tribunal de Brest a rendu son verdict ce lundi, interrompant un silence judiciaire qui a duré plus de onze ans. L'affaire concerne la mort de Franck Pérennou, un jeune maçon de 27 ans, victime d'un accident sur un chantier de désamiantage en 2014. Son décès, survenu le 13 octobre, a secoué sa famille, qui attendait depuis si longtemps des réponses.
Ce jour-là, Franck a été écrasé sous un mur défaillant à la rue Gustave-Zédé. Le tribunal a condamné l'entreprise de maçonnerie Albert Larvor à une amende de 200 000 euros (dont la moitié avec sursis) et son ancien gérant à un an d'emprisonnement avec sursis. Cependant, la société Kerleroux a été acquittée des charges d'homicide involontaire, provoquant un fort sentiment d'injustice au sein de la famille de la victime.
“Tout ça pour ça… c'est honteux”, a déclaré Christian Pérennou, le père de Franck, en sortant du tribunal. Sa sœur, Jennifer, a ajouté, éperdue : “Je ne comprends pas comment tant de responsabilités peuvent rester sans conséquences. Ils devraient avoir appris de cette tragédie.”
Initialement, dix personnes étaient incluses dans le dossier, mais seules trois ont été jugées. Les proches de Franck, bien qu'ils recevront entre 15 000 et 34 000 euros chacun en dommages et intérêts, estiment que cela ne compense pas la perte d'un être cher. Anthony Pérennou résume leur douleur : “Aucune somme, aucune décision ne peut ramener notre frère. Le temps perdu est inestimable.”
Le long délai de justice, qui a soulevé la colère des parties civiles, a été attribué à diverses contre-expertises, à la pandémie de Covid-19, ainsi qu'à des problèmes structurels au sein du système judiciaire français. Me Leslie Baurreau-Juhel, l'avocate des parties civiles, a exprimé son exaspération : “Onze ans pour un procès correctionnel, c’est inacceptable. Nous envisageons de porter plainte contre l'État pour dysfonctionnement du service public de la justice.”
Ce cas met en lumière les lacunes du système judiciaire français, souvent critiqué pour ses délais interminables. Les familles des victimes d'accidents du travail se retrouvent trop souvent dans une quête interminable de justice, alors que la mémoire de leurs proches demeure gravée dans leurs cœurs. Ce sentiment d'urgence et de honte doit servir de catalyseur pour un changement nécessaire.







