Profitant de l'afflux estival, les gendarmes de la Maison de protection des familles (MPF) de l'Hérault se mobilisent pour sensibiliser le public aux violences conjugales et familiales, une initiative qui vise à détecter des situations souvent invisibles.
À la fin juin, alors que les visiteurs commencent à affluer sur les rives du Salagou, les gendarmes de la MPF34 ne se laissent pas distraire. L’adjudante cheffe Sandrine Marty entreprend un échange chaleureux avec une mère, sa fille et une amie. Après quelques instants de dialogue, ces derniers ont non seulement reçu des conseils pratiques mais également découvert le numéro d’urgence en cas de harcèlement : le 30 18. "Il arrive que les adultes hésitent à aborder des sujets sensibles avec leurs enfants. En étant présents ici, nous offrons un cadre propice pour briser ces tabous," commente une amie de Clermont.
Repérer les signaux faibles de violence
La MPF 34, spécialisée dans la prévention des violences intrafamiliales, opère dans tout l'Hérault. "Nous intervenons dans les écoles, les structures pour personnes en situation de handicap ou âgées. Nous allons aussi à la rencontre des victimes dans des lieux publics tels que les plages ou les centres commerciaux. C'est là que nous pouvons identifier des signaux faibles. Lorsque nous abordons le sujet du cycle de la violence, beaucoup réalisent : 'C'est précisément ce que je vis et que je ne voyais pas,'" précise la commandante de l'unité, basée à Lunel.
Accompagner aussi les auteurs
Présente également lors de cette journée, Mihal Altun, coordinatrice du Centre de Prise en Charge des Auteurs de violences conjugales (CPCA), souligne : "Nous cherchons à sensibiliser le grand public autour des violences conjugales. Tout le monde peut parfois commettre des violences sans même s'en apercevoir. Les violences conjugales ne se limitent pas à des actes physiques ; elles incluent également des abus psychologiques, économiques et sociaux. Lors de nos interventions, nous expliquons des gestes de contrainte, comme empêcher un partenaire de sortir ou de gérer ses finances," poursuit-elle.
Les statistiques sont alarmantes. D'après les données publiées sur le site arrêtonslesviolences.gouv, en 2024, 1283 femmes ont été victimes d'homicides au sein de leur couple, dont 107 féminicides. "Chaque année, des centaines de femmes se suicident sous l'effet des violences conjugales. C'est un suicide forcé," déclare l'adjudante cheffe Sandrine Marty. Dans ce contexte, la mobilisation de la MPF 34 est cruciale pour avertir le public, même sur les plages. Une simple discussion peut souvent être le premier pas vers une prise de conscience et une demande d'aide.
Une initiative unique en France
Le 30 juin au Salagou, les gendarmes ont mis en avant un QR Code accessible au public. Scanné, ce code renvoie à un spot de prévention conçu pour aider les victimes à se libérer des violences familiales. La vidéo* présente aussi les professionnels qui apportent un soutien essentiel aux victimes. "Cette démarche vise à démystifier ces professionnels, pour que ceux en situation de faiblesse se sentent en confiance," conclut Sandrine Marty. De plus, d'autres spots de prévention, produits en collaboration avec l'école ACFA Multimédia de Montpellier, ont été diffusés, faisant de cette initiative un modèle unique en France.







