Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a commencé cet après-midi à défendre son projet de loi sur la justice criminelle devant les députés. L'atmosphère dans l'Hémicycle était particulièrement tendue, avec une forte résistance de la part des élus de gauche, qui n'ont pas hésité à exiger la démission du ministre suite à l'affaire tragique de Lyhanna, une fillette découverte morte dans le Gers.
Darmanin a fait face à des accusations virulentes ce mardi, dès l'ouverture des débats. "Votre inaction a causé une souffrance immense", a déclaré Gabrielle Cathala, députée de La France insoumise, qui a insisté sur la responsabilité du ministre après ce drame qui a ébranlé le pays.
Contrairement à son passage relativement tranquille au Sénat, où le projet avait été accepté, l'Assemblée a rapidement vu les tensions monter. Les députés ont évoqué des anciennes affaires sensibles du ministre, le rappelant à l'ordre avec des références aux accusations qui avaient pesé sur lui en 2018. Face à ce front uni, Darmanin a défendu sa légitimité, rejetant les critiques comme "un ensemble de contrevérités et d'insultes".
Gestion des délais judiciaires mise en question
Colette Capdevielle, députée socialiste, a également pris la parole, soulignant un vide législatif imminent qui pourrait entraîner la libération de mineurs accusés de crimes en l'absence de nouvelles lois. "Que dire aux victimes? Que vous avez attendu une année entière pour quoi?", a-t-elle interpellé le ministre.
En dépit des échanges acides, l'Assemblée a rejeté les motions de rejet proposées par l'opposition avant de se lancer dans l'examen du texte. Le projet de loi vise à désengorger les tribunaux, où près de 6 000 affaires criminelles sont toujours en attente d'être jugées, entraînant des délais pouvant aller jusqu'à huit ans.
Darmanin a affirmé que "la justice ne doit plus être un fardeau pour les victimes" et qu'il est impérieux de réformer l'organisation judiciaire. Les critiques continuent de fuser, notamment concernant l'instauration d'un nouveau dispositif de "plaider-coupable" applicable aux délinquants, auquel des avocats et des associations féministes s'opposent farouchement.







