Le géant technologique américain Microsoft a fait un pas vers la transparence fiscale en révélant, pour la première fois, le détail de ses revenus et impôts dans les 27 pays de l'Union européenne, suite à une directive européenne.
Selon les informations fournies, Microsoft a réglé 6,3 milliards de dollars d'impôts sur les sociétés en Europe entre juillet 2024 et juin 2025. Cependant, en France, la société a signalé avoir obtenu un remboursement fiscal, résultant d'un trop-perçu antérieur. Néanmoins, Microsoft a quand même versé 374 millions de dollars (environ 327 millions d'euros) d'impôts au cours des trois dernières années.
Bien que les chiffres concernant les revenus soient disponibles, leur comparaison s'avère complexe. Microsoft indique que ses données sont déterminées selon des critères différents de ceux des normes comptables américaines ou des réglementations nationales. Par conséquent, les montants publiés ne correspondent pas à ceux rapportés lors de ses résultats financiers de l'été 2025.
Pour illustrer cette complexité, Microsoft a annoncé avoir généré 196 millions de dollars de revenus en Irlande, un pays où le taux d'imposition est plus bas, attirant ainsi de nombreuses multinationales. Pourtant, pour son exercice 2024-2025, ses revenus mondiaux avaient atteint la somme colossale de 281 milliards de dollars.
Dans ce contexte, l'organisation américaine National Foreign Trade Council (NFTC) a mis en garde contre les risques d'« interprétations erronées » des informations financières divulguées, soulignant que les montants de chiffre d'affaires pourraient inclure des ventes intragroupe, entraînant ainsi des chiffres artificiellement élevés.
La directive européenne sur la transparence fiscale, adoptée en 2021, oblige les multinationales réalisant plus de 750 millions d'euros de chiffre d'affaires en Europe à dévoiler leurs revenus, profits, impôts payés et effectifs dans chaque pays de l'UE. Ce texte impose également des obligations similaires pour d'autres territoires considérés comme « non coopératifs » fiscalement, comme le Panama ou la Russie.







