La préfecture des Pyrénées-Orientales lance une initiative visant à systématiser les expulsions des étrangers ayant purgé leur peine. Le préfet, Pierre Régnault de la Mothe, a annoncé la signature d'une convention le 6 mai dernier, destinée à améliorer le partage d'informations entre les différents services de l'État.
Depuis le début de cette politique en 2021, 551 étrangers ont été expulsés après leur sortie de prison. Près de 80 % des détenus étrangers condamnés à quitter le territoire sont effectivement renvoyés dans leur pays d'origine. Les 20 % restants rencontrent des difficultés à obtenir un laissez-passer consulaire, essentiel pour leur éloignement.
Ce résultat, bien qu'encourageant pour le préfet, doit être amélioré. Selon lui, une coordination accrue est primordiale. "Cette convention nous permettra d'améliorer les échanges d'informations et la coordination des acteurs concernés. Nous voulons éliminer les lacunes. Des incidents tragiques au niveau national ont soulevé des interrogations, et je ne veux pas que cela se reproduise dans notre département," a-t-il déclaré.
En effet, il fait référence au meurtre de Philippine survenu en septembre 2024, un événement qui a profondément touché l’opinion publique.
Un protocole clair
La convention a vu la participation de plusieurs entités, y compris la police nationale et le parquet de Perpignan. Stéphanie Jastrzebski, directrice du Service pénitentiaire d'insertion et de probation (SPIP) à Perpignan, souligne l'importance de cette initiative : "La Préfecture nous demande d'évaluer la situation de chaque détenu, ainsi que ses projets de sortie et ses liens familiaux," surtout dans un contexte de surpopulation carcérale.
Laurent Astruc, directeur de la police nationale dans la région, se félicite de cette avancée : "Nous avons maintenant un protocole qui définit clairement les rôles de chacun et la temporalité de nos actions."
Cependant, de telles mesures rencontrent des critiques. Des organisations comme l'Observatoire international des prisons s'inquiètent d'un durcissement de la politique à l'égard des étrangers, soulignant qu'une telle approche pourrait nuire aux droits des détenus.







