Après une carrière d'une vingtaine d’années exercée principalement au Portugal et au Mozambique, cet ancien praticien a travaillé comme chirurgien-dentiste à Badaroux, près de Mende, de fin 2018 jusqu’à son arrestation le 5 janvier 2021.
José Pereira Mendes, soumis à un procès pour des accusations graves telles que « mutilation suivie d'infirmité », « escroquerie à l’encontre d’un organisme social », et « abus de confiance », risque jusqu'à dix ans d'emprisonnement. Après avoir été radié de l’ordre des dentistes en 2022, il comparaît libre après une période de détention provisoire.
Un procès révoltant
Pourtant, avant l'audience, il s'est déclaré victime des machinations de son assistante, rejetant la responsabilité sur elle. « Je ne suis pas impliqué dans des escroqueries. C'est mon assistante qui a mal géré le cabinet », a-t-il affirmé, tout en déplorant que ses patients souffrent de ses actes. Il a précisé avoir dû interrompre son travail en raison de son incarcération, mettant ainsi en avant le contrôle radiologique supposé de ses interventions.
Le procès rappelle tristement celui des précédents « dentistes bouchers » à Marseille, où des professionnels de santé avaient été condamnés pour des mutilations sur près de 400 patients. José Pereira Mendes aurait causé à lui seul un préjudice d’environ 330.000 euros à la Caisse Commune de Sécurité Sociale de la Lozère, en facturant des actes non effectués ou non médicalement justifiés.
Des témoignages dévastateurs
Les victimes sont tristement nombreuses. Une patiente a déclaré avoir subi l'extraction inutile de seize dents saines, ce qui l’a plongée dans une souffrance permanente : « Je ne peux pas manger normalement », a-t-elle rapporté aux enquêteurs. Une autre victime a subi l'enlèvement de quatorze dents pour des raisons non justifiées médicalement.
Une experte a résumé la situation en déclarant que la majorité des travaux effectués par le Dr Pereira Mendes étaient non conformes et inachevés, laissant les patients dans un état de grande détresse.
À ce jour, 44 patients ont été identifiés comme victimes et plusieurs autres pourraient encore se manifester. Au total, 1.234 anomalies ont été relevées dans 131 dossiers de patients, témoignant d’un système dysfonctionnel en plein cœur de la santé dentaire en France.
L'impact sur les victimes et leurs familles
Les victimes envisagent une reconnaissance matérielle et émotionnelle de leur souffrance. Me Catherine Szwarcz, avocate représentant 27 parties civiles, a souligné le besoin urgent de réparations humaines. 'Ils souhaitent véritablement être réintégrés dans leur humanité', a-t-elle précisé. Le répercussion psychologique sur ces victimes et leurs proches est immense, certains d’entre eux vivant des situations de dépression et d'isolement social suite à leurs blessures.







