Onze militants d’extrême droite affiliés au groupuscule identitaire Patria Albiges ont été condamnés par le tribunal correctionnel d’Albi à des peines variant de quatre à huit mois d'emprisonnement, avec sursis pour dix d'entre eux, pour leur implication dans une agression ciblant un militant antifasciste en avril 2025.
Âgés de 19 à 29 ans, les prévenus étaient accusés de « violence avec usage d’une arme » et de « groupement en vue de la préparation de violences contre les personnes », parmi d'autres chefs d'inculpation. Ce groupe de jeunes, principalement cagoulés et armés de matraques télescopiques et de poings américains, avait envahi un bar à Albi, le 25 avril 2025, afin de s'en prendre à leur victime, comme l’a précisé la procureure Stéphanie Bazart lors de l’audience.
Une menace persistante
Envahissant l'établissement de façon intimidante, le militant antifasciste avait réussi à se cacher dans la cave, tandis que des clients tentaient de le défendre. Une septuagénaire, tentant d'intervenir, avait été frappée au visage.
Peu de temps auparavant, un ancien membre de Patria Albiges, Clément Cabrolier, avait lui-même subi une agression par des individus présumés liés à des factions antifascistes, soulignant la montée des tensions entre les deux groupes.
Le groupuscule Patria Albiges, avec d’autres organisations similaires, est sous le coup d'une procédure de dissolution annoncée par la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, en mars dernier.
Une menace pour la société
Les sentences prononcées étaient en deçà des six à dix mois de prison avec sursis demandés par le ministère public pour neuf des prévenus et de 12 mois dont quatre avec sursis pour un autre, incriminé pour récidive. L'avocat de la septuagénaire, Me Kamel Benamghar, a dénoncé des pratiques qualifiées de « méthodes de terroristes » et a regretté l'absence d'une prise de conscience chez les condamnés.
Côté défense, les avocats ont exprimé des préoccupations concernant le dossier, qualifiant celui-ci de « gruyère » et fustigeant des accusations jugées infondées. Ils ont également critiqué l'attitude de certains témoins, perçue comme une défense politique au sein d’une lutte idéologique croissante en France.







