Plutôt que de confier leurs véhicules accidentés à des garages extérieurs, les policiers et gendarmes des Pyrénées-Orientales prépareront dans quelques mois leur propre service de carrosserie. Déjà en possession d’un atelier de mécanique, ce projet vient renforcer leur autonomie et efficacité.
Les interventions sur le terrain, notamment lors de contrôles qui peuvent dégénérer, nécessitent une réparation régulière des véhicules. Chaque année, des dizaines de voitures de police et de gendarmerie sont endommagées dans le cadre de leur mission. « Avec l’augmentation des refus d’obtempérer, le nombre de véhicules percutés augmente », remarque Marc Defresnes, le secrétaire départemental du syndicat Alliance Police. La nécessité de cette carrosserie devient donc pressante.
Un projet doublement bénéfique
Ce service de carrosserie interne, qui va s’organiser avec des spécialisés dédiés, répond à deux objectifs essentiels. D'une part, il devrait permettre de réaliser des économies substantielles. Actuellement, le coût des réparations des véhicules passe par des contrats de marchés publics, se chiffrant à environ 600 000 euros sur trois ans concernant près de 300 véhicules.
Parallèlement, l’aspect de la confidentialité est primordial. Les véhicules engendrés dans des enquêtes criminelles ne seront plus confiés à des tiers, garantissant ainsi une discrétion nécessaire, souligne le préfet de la zone de défense et de sécurité Sud, Jacques Witkowski.
En moyenne, une centaine de véhicules requièrent des travaux chaque année, note Jean-Luc Desbordes, ingénieur principal du service des matériels. Cela suffit pour justifier la création de cette structure.
La carrosserie, qui aura également des implications pour les forces de l’ordre de l’Aude, s’installera dans un bâtiment moderne de 400 m² au sein de la caserne de gendarmerie mobile, avenue Boussiron à Perpignan. Le coût de ce projet est évalué à environ 1,5 million d’euros, avec un permis de construire qui sera déposé dans les jours à venir, pour une inauguration prévue fin 2027.
Au-delà des réparations, une station de lavage sera intégrée dans les installations, ajoutant une couche de services pour garantir des véhicules toujours en condition optimale. Notons aussi que depuis le 5 janvier 2026, les policiers et gendarmes partagent déjà des ateliers mutualisés, une initiative avant-gardiste entre deux entités auparavant isolées.







