L'essentiel
Le doyen des chiens d'assistance judiciaire s'apprête à tirer sa révérence à Cahors. Après une décennie au service des victimes, Lol, le premier labrador de son genre en France, va profiter d'une retraite bien méritée auprès d'un ancien gendarme lotois.
Rassurer des enfants victimes de violences, soutenir des personnes âgées ayant connu des traumatismes, être présent dès les premières heures d'enquête ou au moment crucial des procès, telle était la mission de Lol. Avec son harnais bleu, ce labrador noir était devenu un visage familier au tribunal judiciaire de Cahors. Son arrivée en 2019, en tant que premier chien d'assistance judiciaire en France, a rapidement été saluée, et son impact a conduit le ministère de la Justice à étendre cette initiative à d'autres régions.
Un chien formé pour contribuer au bien-être des victimes
Cette aventure unique en France n'aurait pas été possible sans l'engagement des sapeurs-pompiers du Lot, où Lol a été hébergé, ainsi que le soutien de l'association France Victimes 46 et de son président, l’avocat Me Mustapha Yassfy. "Il était le premier chien d'assistance judiciaire, mais il sera toujours le meilleur", confie-t-il, témoignant de l'affection qu'il éprouve pour Lol.
Au-delà d'apporter du réconfort aux victimes, Lol a bénéficié d'une formation rigoureuse de 11 à 15 mois, coûtant environ 27 000 euros. Il est certifié par Assistance Dogs International (ADI) pour accéder à tous types de lieux. L'affection investie dans sa formation est également évidente.
Au fil des années, Lol a croisé le chemin de Jean-Marc Mir, un gendarme à la retraite, qui s'est associé à ce projet avec enthousiasme. "Au départ, j'avais des doutes. Je pensais à un chien d'action, pas à un chien d'accompagnement", confie-t-il. Mais avec le temps, il a constaté le talent indéniable de Lol à identifier et soutenir les victimes traumatisées. “Lors d'une affaire impliquant plusieurs enfants, Lol ne les quittait pas des yeux. Son instinct est incroyable”, souligne Me Yassfy.
Lol, un chien dont la réputation a franchi les frontières
Au-delà de Cahors, Lol a été appelé à intervenir sur des cas complexes dans d'autres régions, comme à Lyon pour un dossier de pédocriminalité. Son approche douce, à travers un simple contact de sa patte, a permis d'apaiser des situations tendues. Toutefois, ces interventions le fatiguent : "Il est épuisé émotionnellement. Il en perd ses poils", regrette le président de France Victimes 46.
Tout au long de sa carrière, Lol a eu un impact considérable, aidant des centaines de victimes et laissant derrière lui un héritage de 33 chiens actifs dans divers tribunaux en France. "Ne serait-ce que pour pouvoir bénéficier de subventions, notre défi a été relevé", ajoute l'ancien bâtonnier du Lot.
Alors que la retraite de Lol se profile, un lien fort s'est établi entre lui et Jean-Marc Mir. Ensemble, ils veilleront l'un sur l'autre. Dans les semaines à venir, le département du Lot devrait accueillir un nouveau chien d'assistance judiciaire, une promesse d'espoir pour le futur.







