Il ne fait plus de doute que le système de retraites va faire face à un déficit plus élevé que prévu dans les années à venir. Le Conseil d’orientation des retraites (Cor) a annoncé son intention de réviser ses prévisions, en s'appuyant sur une lettre publiée sur son site et relayée par Les Échos.
"Le diagnostic financier (…) pourrait être fortement révisé comparé au rapport de juin 2025", signale le Cor, qui prévaut de sortir son prochain rapport en quatre mois.
Un indice de fécondité qui s'effondre
Auparavant, le Cor anticipait un déficit du système de retraites de 0,2 % du PIB d'ici 2030, ce qui correspond à environ 6 milliards d'euros, et de 1,4 point de PIB en 2070. Avec le vieillissement de la population, les coûts des retraites devraient effectivement augmenter, passant de 13,9 % du PIB en 2024 à 14,2 % en 2070, alors que les ressources devraient légèrement diminuer, selon un rapport publié par France Info.
Ces estimations risquent d'être obsolètes car elles reposent sur des hypothèses de natalité et de migration peu réalistes. Par exemple, le taux de fécondité prévu était de 1,8 enfant par femme, alors qu'il est tombé à 1,56 en 2025, le plus bas taux enregistré depuis 1918. Durant la période de 2018 à 2022, le solde migratoire était plus élevé que l'objectif estimé d'environ 70 000.
En effet, le Cor a noté que "les observations récentes s’écartent sensiblement des hypothèses retenues". Si le taux de fécondité demeure à 1,6 au lieu de 1,8, le ratio des dépenses de retraite par rapport au PIB pourrait rester constant jusqu'au milieu des années 2040, mais augmenter considérablement par la suite. Ainsi, on pourrait envisager un écart d'environ 0,6 point de PIB d'ici 2070 par rapport aux prévisions initiales.
Les dépenses de retraite, même stables, représenteraient alors 14,8 % du PIB, plus faible en raison d'une population active réduite.
Une révision des hypothèses en avril
Gilbert Cette, président du Cor, a déjà évoqué lors d'une mission d'information à l'Assemblée nationale que l'organisme reviendrait sur ses hypothèses de natalité jugées trop optimistes. En avril 2026, une nouvelle évaluation sera réalisée en collaboration avec l'Insee en préparation du rapport de juin 2026.
Le Cor avait envisagé de modifier ses prévisions l'année passée, mais avait choisi d'attendre les nouvelles estimations de l'Insee, tout en souhaitant rester aligné sur les hypothèses retenues par la Cour des comptes, lors du conclave sur les retraites lancé par François Bayrou.







