Les forces de l'ordre se sont mobilisées samedi pour mettre un terme au blocage du dépôt de carburant de Bassens, près de Bordeaux, orchestré par la Coordination rurale (CR). Cette intervention est survenue après la levée, vendredi soir, du blocage effectué à Haulchin, près de Valenciennes.
Dans la matinée, des gendarmes mobiles, équipés de casques et de boucliers, ont été dépêchés sur les lieux pour disperser les militants agricoles, usant parfois de gaz lacrymogènes face à la résistance des manifestants, comme rapporté par des journalistes de l'AFP présents sur place.
« On est en train de mourir, vous allez mourir aussi, on se fout de vous en haut », a lancé un agriculteur aux forces de l'ordre, tandis qu’un autre ajoutait : « J'espère que vous dormirez bien la nuit. » Les agriculteurs ont ensuite entonné la Marseillaise en signe de protestation.
Une heure plus tôt, des confrontations physiques avaient même eu lieu, alors qu'une quarantaine de manifestants tentait de s'opposer à l'encerclement du rond-point par les gendarmes. Vincent Colineau, coprésident de la CR33, a exprimé son indignation : « On a des revendications et leur réponse, c'est d'envoyer les Centaures (blindés de gendarmerie, NDLR). Ça fait 30 ans que ça dure. »
Du côté du Nord, la Coordination rurale a décidé de lever vendredi 21h00 le blocage de l’entrepôt pétrolier d'Haulchin après la pression des autorités, a confirmé Patrick Legras, président du syndicat dans les Hauts-de-France. « C'est tendu, de plus en plus ils nous empêchent de manifester », a-t-il ajouté.
En Occitanie, d'autres barrages sur les routes ont également été levés, bien que le blocus de l’A64 au sud de Toulouse par le groupe des « Ultras de l'A64 », dirigé par l’éleveur Jérôme Bayle, perdure. Au Pays basque, les « Ultras de l'A63 » ont mis en place un barrage près de Bayonne, qui restait actif samedi matin.
Vendredi soir, une centaine d'agriculteurs accompagnés de 80 engins ont convergé vers Montauban, dans le Tarn-et-Garonne, où la préfecture a signalé plusieurs actes de dégradations, incluant des feux de palettes et de ballots de paille.
Tous les syndicats agricoles protestent contre l'accord de libre-échange prévu entre l'Union européenne et le Mercosur sud-américain, dont la signature est attendue samedi prochain au Paraguay. La CR et la Confédération paysanne critiquent également la gestion par l'État de l'épidémie de dermatose nodulaire bovine (DNC), qui a suscité la colère des agriculteurs dans le Sud-Ouest en décembre dernier.
En réponse à cette colère, la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, a annoncé vendredi un ensemble de mesures d'une valeur de 300 millions d'euros, comprenant le doublement du fonds d'indemnisation pour la dermatose bovine, ainsi que d'autres aides évoquées ces dernières semaines concernant les engrais ou le soutien à l'arrachage des vignes. Les inquiétudes demeurent cependant parmi les agriculteurs, comme l'explique un expert du secteur agronomique, qui souligne l'importance d'un dialogue constructif entre les producteurs et les autorités pour apaiser les tensions.







