"Nous ne pouvons pas accepter de nouvelles dépendances stratégiques dans le numérique". C'est dans ce contexte que Sébastien Lecornu, lors d'une vidéo sur les investissements en intelligence artificielle, a annoncé le 16 juin dernier que la Direction Générale de la Sécurité Intérieure (DGSI) rompait son partenariat avec Palantir, un acteur américain de premier plan dans l'analyse de données.
En lieu et place, la DGSI s'est tournée vers ChapsVision, une entreprise française qui émerge comme un acteur essentiel du renseignement en Europe. Fondée par Olivier Dellenbach en 2019, ChapsVision se positionne désormais comme une alternative à Palantir, en se spécialisant dans l'analyse de données complexes.
Avec près de 1.000 employés et plus de 2.000 clients, dont des organisations gouvernementales et des grands comptes, ChapsVision a su se frayer un chemin dans plus de 40 pays, affichant un chiffre d'affaires de près de 200 millions d'euros pour 2024.
Une percée dans le renseignement européen
Longtemps méconnue, ChapsVision se fait de plus en plus un nom dans le secteur de la défense et de l'intelligence économique, collaborant avec de grands groupes tels que Thales, TotalEnergies et L’Oréal. Sa plateforme, ArgonOS, permet de traiter d'énormes quantités d'informations pour en tirer des enseignements cruciaux pour la prise de décision.
Au-delà de la France, l'Allemagne, confrontée à des enjeux de souveraineté numérique, a également choisi ChapsVision pour ses besoins en matière d'analyse de données. Cette décision reflète une tendance européenne, marquée par un désengagement vis-à-vis des technologies américaines et une volonté de renforcer l'indépendance technologique.
Dans un contexte de tensions géopolitiques, l'émergence de ChapsVision répond à une demande croissante de solutions alternatives aux entreprises américaines. Une évolution qui fait écho à des choix stratégiques pris par des institutions comme la Direction Générale de la Sécurité Intérieure, qui avait priorisé des solutions américaines dans un passé récent.
À l'heure actuelle, les préoccupations autour de la maîtrise des données publiques réorientent les priorités, laissant la voie libre à des acteurs comme ChapsVision, qui se positionnent désormais comme des alternatives viables aux solutions américaines.







