Arrestations, violences, surveillance numérique... la situation des droits des travailleurs se détériore sérieusement, met en garde la Confédération syndicale internationale (CSI) dans son rapport publié récemment. Ce phénomène touche des pays considérés comme des bastions de la démocratie, tels que les États-Unis et la France, soulignant ainsi une crise systémique.
Selon l'organisation, ces nations, auparavant perçues comme stables, sont désormais au cœur d'une recrudescence de la répression des droits des travailleurs. Dans son treizième indice mondial, la CSI précise que "les États-Unis rejoignent la liste des pays à surveiller", citant des attaques contre les libertés fondamentales des travailleurs et restrictions à la négociation collective, souvent accompagnées de l'usage de la force.
La France, quant à elle, a enregistré son plus mauvais classement dans l'histoire de l'indice, illustrant une tendance de longue date à la dégradation des droits des travailleurs, intensifiée par la répression des militants syndicaux et les restrictions aux manifestations selon des sources comme Le Monde.
De manière générale, le rapport indique une augmentation alarmante du nombre de pays niant l'accès à la justice aux travailleurs, recourant à la détention ou à la violence, ainsi qu'à des atteintes à la liberté d'expression et de réunion. "L'édition 2026 de notre indice révèle que cette crise ne se limite plus à des cas isolés; elle est désormais ancrée au cœur des démocraties", a affirmé Luc Triangle, secrétaire général de la CSI.
Triangle critique une "attaque coordonnée" contre les droits démocratiques, évoquant un "coup d'État des milliardaires" soutenu par des dirigeants politiques, tandis que les travailleurs sont dépouillés de leurs droits. Il souligne aussi le rôle de la surveillance numérique dans la répression croissante, permettant de contrôler les travailleurs et d'étouffer leurs mobilisations syndicales.
Le rapport fait état de trois tendances préoccupantes : la cible des dirigeants syndicaux de haut rang, frappés par la répression; l'utilisation croissante de technologies de surveillance pour contrôler les employés; et la réticence des gouvernements à consulter les syndicats lors de nouvelles réformes de loi.
Les notes des pays européens et américains sont tombées à des niveaux historiques bas depuis le début de l'indice en 2014, une tendance aggravée par la montée de l'extrême droite en Europe, qui est souvent hostile aux syndicats. D'autres pays en grave difficulté incluent l'Argentine, marquée par une chute spectaculaire dans son classement, une détérioration qui a été rapidement exacerbée par les politiques du président ultralibéral Javier Milei, qui a intensifié la répression contre les manifestations et a accru les pouvoirs policiers.
Milei a été critiqué pour son protocole de lutte contre "le désordre", employant des tactiques qui rappellent les périodes les plus sombres de l'histoire argentine, et correspondant aux préoccupations exprimées par France 24. Le Panama, quant à lui, a fait son entrée dans le classement des pires pays en matière de droits des travailleurs, rejoignant des nations comme le Bélarus et l'Égypte.
À l'opposé, huit pays sont cités comme des modèles en matière de droits syndicaux, principalement en Europe, où les violations demeurent sporadiques, ce qui contraste fortement avec la situation dans plusieurs autres régions du monde.







