Le dirigeant de Ryanair, Michael O’Leary, a récemment évoqué les conséquences de la crise énergétique en cours, exacerbée par la guerre au Moyen-Orient. Selon lui, si les prix du pétrole demeurent élevés, certaines compagnies aériennes européennes, telles que Wizz Air et Air Baltic, pourraient faire faillite d'ici cet automne. « Cela pourrait s'avérer bénéfique pour notre entreprise, car cela réduira la concurrence », a-t-il affirmé devant des journalistes italiens.
Ces commentaires surviennent alors que les inquiétudes grandissent autour des approvisionnements en kérosène. O’Leary a précisé que les compagnies pétrolières garantissent un approvisionnement pour mai, mais restent incertaines pour juin. « La continuité des conflits au Moyen-Orient, couplée à une gestion chaotique par certaines autorités, pourrait maintenir les prix du carburant à des niveaux élevés, mettant en péril 10 à 20 % de nos besoins ».
L’Europe, qui importe près de la moitié de son kérosène du Golfe, se trouve particulièrement vulnérable face à toute interruption. Les experts, comme l'indique le journal Le Monde, se montrent partagés quant à la capacité des marchés asiatique et européen à sécuriser des stocks suffisants pour prévenir les annulations de vols. O’Leary souligne que le Royaume-Uni est particulièrement exposé, en raison de sa dépendance au Koweït, affecté par des tensions régionales.
La crise actuelle a déjà des répercussions financières pour Ryanair, avec des coûts supplémentaires estimés à 50 millions de dollars pour le seul mois d'avril. Si la situation se prolonge et que le prix du baril atteint 150 dollars, le surcoût pourrait grimper à 600 millions de dollars dans l'année, selon les calculs de O’Leary. Dans ce climat incertain, les retours de la demande de voyages, très robustes pendant Pâques, montrent des signes de fléchissement. « Nous constatons des baisses de prix pour les mois de juin, juillet et août. Cela indique peut-être que les gens sont plus hésitants à réserver », a-t-il noté dans le Corriere della Sera.
En cas de crise d'approvisionnement, les passagers pourraient se retrouver moins protégés. « Si un vol est annulé faute de carburant, cela sera considéré comme un événement hors du contrôle de la compagnie, ce qui signifie que les passagers pourraient ne pas avoir droit à une indemnisation supplémentaire », a-t-il précisé.
Les incertitudes entourant ces situations ont également influencé le marché boursier. Si l’action de Ryanair a subi des fluctuations, la compagnie n’a pas encore mis à jour ses prévisions financières avant la publication de ses résultats annuels, attendus le 18 mai, contrairement à certains de ses concurrents comme EasyJet.







