Le Modef Occitanie, représentant des exploitations viticoles familiales, tire la sonnette d'alarme concernant un plan d'arrachage de vignes qui pourrait entraîner la perte de 58 000 emplois. Pour mieux préserver l'avenir, le syndicat propose de replanter les vignobles avec des cépages résistants.
"La viticulture est confrontée à sa crise la plus grave depuis 80 ans, affectant particulièrement les exploitations familiales", a déclaré Didier Gadéa, vigneron près de Pézenas et nouveau président du Modef Occitanie, lors d'une conférence à la chambre d'Agriculture de Nîmes le 13 avril.
Des chiffres alarmants sur l'arrachage
Le plan en question prévoit l'arrachage de 27 000 hectares de vignes en 2025, suivi par 30 000 hectares en 2026, avec un total de 100 000 hectares ciblés à terme. "Selon la CGT, ces initiatives pourraient entraîner la disparition de 58 000 emplois dans le secteur, un véritable 'plan social silencieux' qui passe sous silence, y compris aux yeux des parlementaires", ajoute-t-il.
Didier Gadéa souligne la "complicité" de certains syndicats agricoles dans ce processus qui ressemble à la désindustrialisation de la Lorraine. Il a donc décidé d'alerter les parlementaires sur cette situation préoccupante.
Des mesures inadaptées pour la distillation
"Si on ne change pas de politique, la viticulture en Occitanie est vouée à disparaître", prévient-il, dénonçant également le prix proposé par l'Union Européenne pour la distillation des stocks invendus : "35 centimes le litre, c'est dérisoire face à un coût de production de 1,20 euro".
Le Modef revendique un "prix plancher de 2 euros le litre" pour garantir une rémunération juste. Le syndicat prône également la replantation avec des cépages modernes, en s'inspirant de l'histoire viticole du XIXe siècle face au phylloxéra. Pour cela, il appelle à une augmentation des fonds européens de la Politique Agricole Commune (PAC) destinés au secteur viticole, exigeant un apport de 900 millions d'euros.
Réductions des fonds européens : une menace supplémentaire
Cependant, le développement de ces fonds est compromis, l'Europe projetant de réduire son budget agricole de 22% d'ici 2027. Cela risque d'accentuer les difficultés pour les petites exploitations familiales, comme l'indique Didier Gadéa.
Alors que des manifestations sont prévues en fin de semaine pour s'opposer aux nombreux traités de libre-échange, le Modef ne prévoit pas d'actions sur le terrain, adoptant plutôt une approche stratégique.
Un appel à un nouvel élan syndical
"Nous avons des experts pour ça, mais briser des palettes et bloquer des routes n'a jamais résolu les problèmes", ironise Didier Gadéa. Il insiste sur la nécessité de remplacer les dirigeants des syndicats. "Des responsables qui ont perdu le sens des priorités et ont conduit le secteur dans l'impasse existe depuis 30 ans et doivent laisser place à une nouvelle génération de leaders".







