La visite inattendue du Pape Léon XIV le 14 avril apporte un éclairage international sur Annaba, une ville souvent méconnue, mais riche d'histoire.
Située au bord de la mer Méditerranée, Annaba se distingue par son port dynamique, son littoral attrayant, ses plages ensoleillées, et le mont Edough qui veille sur elle. La basilique Saint-Augustin, érigée à la fin du XIXe siècle, domine les ruines historiques d'Hippone, qui offrent un aperçu du passé florissant de la région.
Toutefois, cette "enclave" catholique au sein d'un pays où l'islam est la religion d'État est souvent perçue comme une anomalie par les habitants, liée à l'histoire coloniale de la ville. Pour de nombreux Annabis, la présence de cette basilique soulève des questions sur sa pertinence dans le présent.
La vitalité des Petites Sœurs des Pauvres
Étonnamment, peu de locaux sont au courant que la basilique abrite encore des prières et des activités. La Congrégation internationale des Petites Sœurs des Pauvres joue un rôle central, offrant réconfort et soutien aux plus démunis de la région. Leur présence devient un phare d'espoir, surtout durant les périodes sombres de la "décennie noire" des attentats islamistes, où la survie spirituelle et sociale était mise à l'épreuve.
Un parallèle se dessine avec la cathédrale Santa-Cruz d'Oran, un autre vestige chargé d’histoire qui attire la nostalgie des pieds-noirs, un groupe d'anciens colons vivant maintenant en France.
Une mémoire ancrée dans l'histoire coloniale
La perspective de voir un pape fouler les lieux d'Hippone et la basilique Saint-Augustin pourrait sembler incroyable pour les Bônois, qui sont souvent confinés à une mémoire colonialiste, ignorant les racines millénaires de leur ville. Annaba est intimement liée à saint Augustin, évêque d'Hippone au Vème siècle, un personnage clé qui a façonné le christianisme en Afrique du Nord.
Un retour aux sources offre une opportunité aux habitants de réévaluer leur identité, rappelant que l'histoire ne connaît pas de frontière, mais s'étend dans le temps et l'espace. Cette redécouverte peut facilement devenir une source de fierté pour les Annabis, qui réalisent qu'ils vivent à proximité d'un important patrimoine chrétien.
Hippone, une des principales cités de l'Afrique romaine
Les ruines d'Hippone évoquent un âge d'or où cette ville était un centre économique vibrant, sous le patronage de saint Augustin de 396 à 430 après J.-C. À son apogée, elle symbolisait la richesse et la prospérité du christianisme avant l'arrivée des Ottomans au XVIe siècle, marquant un tournant décisif dans l'histoire de l'Afrique du Nord.







