Depuis la nuit dernière, une cinquantaine de membres de la Coordination rurale occupent un dépôt de carburant situé au nord de Toulouse, interdisant l'accès et revendiquant un rendez-vous avec le préfet. Leur objectif : établir un tarif fixe du gazole.
Ce matin, la manifestation se déroule pacifiquement sur le rond-point adjacent au dépôt TotalEnergies de Lespinasse, clé pour l'approvisionnement en carburant de nombreuses stations locales en Haute-Garonne. Un feu, allumé par les agriculteurs, permet de rassembler les participants, tandis que quelques camionneurs et passants klaxonnent en soutien. Une habitante fait même un arrêt pour offrir des croissants aux manifestants.
Environ cinquante agriculteurs, accompagnés d'une dizaine de tracteurs, se sont rassemblés vers minuit. "Nous avons des représentants de la Coordination rurale de plusieurs départements, tels que la CR 31, 09, 81 et certains du Tarn-et-Garonne et de l’Aude", précisent des sources locales. Dans un moment cocasse, un camion approchant, ignorant la situation, demande si l’accès est libre avant de devoir faire demi-tour.
Des CRS maintiennent leur distance, réalisant des identifications à la fin de la matinée. "Nous leur avons demandé de dégager la route. Notre but est de vérifier les tracteurs et de sécuriser le tas de pneus bloquant l'accès aux lieux", explique un agent. Les agriculteurs, quant à eux, ne semblent pas menaçants, affirmant : "Nous ne voulons pas provoquer de dégâts, notre but est la discussion". Une fois les vérifications effectuées, des chants et des klaxons émanèrent du groupe, suivis d'une pause-casse-croûte.
« Certains ne vont pas pouvoir semer, ni récolter »
Damien Montagné, un agriculteur engagé, décrit les enjeux derrière cette mobilisation. "Le coût du gazole non routier a doublé, passant d'environ 0,90-0,95 euro TTC à 1,85 euro TTC. Nos exploitations, pour beaucoup déjà vulnérables, subissent un impact considérable. Certains ne pourront ni semer ni récolter", souligne-t-il.
Montagné réalise des calculs inquiétants. "J'utilise entre 15 000 et 18 000 litres par an, ce qui représente un surcoût de 15 000 euros au minimum pour moi. À cela s'ajoutent la flambée des prix des engrais et des matériaux pour le foin", indique-t-il, préoccupé par la viabilité de son exploitation.
Ce blocage vise également à faire pression sur l'État pour obtenir des prix plafonnés : 1 euro TTC pour le gazole non routier, réservé aux agriculteurs, et 1,50-1,55 euro TTC pour le gazole blanc accessible à tous. Les agriculteurs espèrent un rapide retour du préfet afin d'engager des négociations. Si ce rendez-vous se concrétise, ils promettent de mettre fin à leur action sur le rond-point.







