Selon une nouvelle recherche, jusqu'à 63 % des arrêts cardiaques pourraient être évités grâce à des changements de mode de vie, dont certains ne manquent pas de surprendre.
Et si garder un poids santé, cultiver une attitude positive, et consommer du champagne permettait de se protéger contre l'arrêt cardiaque soudain ? C'est l'une des conclusions inattendues d'une vaste étude réalisée par des chercheurs de l'Université Fudan de Shanghai, en collaboration avec la UK Biobank. Publiée dans la Revue canadienne de cardiologie, cette recherche est pionnière dans sa façon d'explorer les liens entre des facteurs non cliniques et le risque d'arrêt cardiaque soudain (ACS), une des principales causes de mortalité dans le monde.
Une consommation modérée de champagne ou de vin blanc
Les chercheurs ont identifié 56 facteurs de risque non médicaux, parmi lesquels l'alimentation, l'humeur, le niveau d'éducation, la sédentarité et l'environnement. "À notre connaissance, il s'agit de la première étude à examiner de manière exhaustive les associations entre les facteurs de risque modifiables et l'incidence de l'ACS", déclare le Dr Renjie Chen, co-investigateur. "Nous avons été étonnés par la proportion significative de cas qui pourraient être évités en améliorant ces profils défavorables."
Les leviers les plus efficaces pour diminuer ce risque incluent une alimentation riche en fruits, une gestion du poids, un contrôle de la tension artérielle, un bon niveau d'éducation et… une consommation modérée de champagne ou de vin blanc. Une découverte qui interpelle.
Un effet cardioprotecteur surprenant
"L'un des résultats les plus captivants de l'étude est l'effet protecteur associé à la consommation de champagne et de vin blanc, remettant en question les idées reçues sur la spécificité des bienfaits du vin rouge", notent Nicholas Grubic et Dakota Gustafson, auteurs d'un éditorial lié à l'étude.
Jusqu'à maintenant, les polyphénols du vin rouge étaient considérés comme responsables de ses bienfaits cardiovasculaires. Cependant, les nouvelles données indiquent que la relation entre alcool et santé cardiaque pourrait être plus variée et complexe. "Cette association est probablement influencée par des facteurs socio-économiques et cognitifs sous-jacents."
Il ne faut pas interpréter ces résultats comme un feu vert à la consommation d'alcool. Les études antérieures avaient déjà démontré les risques de cancer et de maladies cardiaques associés à même un verre d'alcool, ce dernier étant un facteur de risque pour 13 types de cancer.
Moins de stress, plus d'années
Un autre résultat marquant : le lien significatif entre santé mentale et risque cardiaque. L'étude montre qu'une sensation persistante de lassitude augmente sensiblement le risque d'arrêt cardiaque soudain, tandis qu'une vision optimiste de la vie exerce un effet protecteur.
D'autres données révèlent des résultats étonnants. Par exemple, "des analyses de l'exposome ont montré une relation inverse entre le temps passé devant un ordinateur et le risque d'arrêt cardiaque soudain", soulignent les auteurs. Un paradoxe, étant donné que la sédentarité est habituellement nuisible à la santé. Les chercheurs proposent que ce résultat pourrait s'expliquer par des biais sociaux ou culturels.
Des changements de mode de vie pour prévenir les arrêts cardiaques
"Toutes les études précédentes sur les facteurs de risque d'ACS se concentraient sur un nombre restreint de facteurs, basés sur des connaissances antérieures", rappelle le Dr Huihuan Luo, chercheur principal. "Notre étude d'association panexposome offre une perspective bien plus vaste."
Selon lui, les changements de mode de vie s'avèrent les plus efficaces pour prévenir les cas d'ACS, à condition de considérer la prévention à l'échelle de la population. C'est aussi l'avis de Grubic et Gustafson : "Des stratégies collectives sont nécessaires pour réduire le lourd fardeau que représentent les arrêts cardiaques pour les systèmes de santé." Mais ils mettent en garde : "Passer de la réponse à la prévention peut sembler simple en théorie, mais s'avère beaucoup plus complexe en réalité."







