Le 19 novembre, la Grande mosquée de Paris a accueilli l'écrivain Gabriel Souleyka, dont les propos provocateurs lors d'une conférence ont soulevé un tollé. Souleyka a insinué que la guerre d'Algérie aurait entraîné plus de pertes humaines que la Shoah, déclenchant immédiatement un débat acerbe sur la véracité de ses affirmations.
Dans son intervention, qui est toujours accessible sur la chaîne YouTube de la mosquée, Souleyka a déclaré que l'armée française, avec des soldats peu éduqués, avait « réellement massacré » des femmes et des enfants. Ces déclarations reviennent sur le soutien apporté au Front de Libération Nationale (FLN), dans un contexte où des experts estiment que le nombre de morts pendant la guerre d'Algérie reste controversé.
Lors de son discours, Souleyka a comparé les chiffres des morts des deux événements tragiques, avançant qu'environ un million de Juifs auraient été tués durant la Shoah, un chiffre largement contesté par les historiens, qui évoquent plutôt six millions de victimes. Il a également affirmé que 1,5 million de morts étaient survenus pendant la guerre d'Algérie, une évaluation qui intrigue de nombreux chercheurs, car la plupart s'accordent à dire que les pertes étaient moindres.
Des figures publiques, dont l'avocat Arno Klarsfeld, ont exprimé leur indignation sur les réseaux sociaux, qualifiant ces discours de « négationnistes ». Klarsfeld a tweeté : « Il est honteux que la Grande mosquée de Paris permette la diffusion de tels propos ». Le journaliste Éric Naulleau a également pris la parole, dénonçant un « révisionnisme de base » qui n'avait pas sa place au sein de cette institution historique.
Les critiques s'intensifient face à l'absence de réaction officielle de la mosquée, oint d'organisation qui, selon plusieurs experts, aurait dû se distancier de ces discours controversés. Mario Stasi, président de la Licra, a affirmé que la République tout entière devait être alarmée par de telles déclarations, évoquant même le fait que des actions juridiques pourraient être envisagées pour contrer ces propos.
La question soulevée ici ne concerne pas uniquement des chiffres, mais la façon dont l'histoire est interprétée et utilisée à des fins politiques ou militantes. Les experts de l'histoire, tout en reconnaissant les tragédies que ces deux événements représentent, insistent sur l'importance de rester fidèle aux faits établis pour éviter toute forme d'instrumentalisation. Selon l'historien Xavier Yacono, la conquête de l'Algérie par la France a fait moins de 500 000 victimes, remettant ainsi en question les affirmations similaires du conférencier.







