En guise de conclusion pour 2025, les observations météorologiques en Aveyron révèlent une réalité indéniable : le climat de la région a subi une transformation sans précédent, avec des épisodes de canicule, des tempêtes violentes et un juin mémorable. Sylvie Nouvel, responsable territoriale de Météo France, livre un bilan alarmant, positionnant 2025 comme la troisième année la plus chaude jamais enregistrée dans le département.
Cette année, le thermomètre a affiché une température moyenne annuelle de 12,5 °C, nettement supérieure à la référence de 11,2 °C. "Le changement climatique est désormais visible à tous les niveaux", affirme Sylvie Nouvel. "Cette tendance à la hausse des températures se renforce de manière préoccupante depuis plusieurs années." Ce constat, qui résonne à l'échelle locale, trouve un reflet dans le bilan mondial, l'année 2025 étant reconnue comme la deuxième année la plus chaude par l'Observatoire européen Copernicus.
Un hiver contrasté : entre sécheresse et vagues de froid
Les premiers mois de 2025 ont été marqués par une pénurie de pluie, avec des températures glaciaires en janvier, notamment lors d'un coup de froid lors de la deuxième quinzaine. Le mercure a chuté jusqu'à -9 °C à Rodez. Février, par contre, a présenté une face inattendue, avec des journées printanières contrastants avec les nuits froides. Un épisode neigeux a apporté 9 cm de neige à Millau le 8 février.
Printemps : montée des températures
Le printemps s'est distingué par un ensoleillement exceptionnel, offrant aux agriculteurs une répit face aux gelées tardives. En mars, des vents violents ont soufflé jusqu'à 116 km/h, tandis qu'avril a vu alterner douceur printanière et courtes périodes de gel. Mai a préparé le terrain pour un été caniculaire, soulignant l'instabilité du climat aveyronnais.
Juin 2025 : un mois aux records éblouissants
L'été 2025 marquera les esprits, avec juin affichant des températures anormales – supérieure à 4 °C par rapport aux normales. Les relevés à Millau ont atteint une moyenne de 22,1 °C et à Rodez, 21,1 °C. En parallèle, le déficit de précipitations a été stupéfiant, atteignant 60 %. Une première vague de chaleur en juin a fait monter les alertes, le 1er juillet enregistrant 40,3 °C à Saint-Côme, un record pour la saison.
La chaleur d'août et un automne tumultueux
Avertie par des orages en juillet, la chaleur est revenue en force en août, culminant à 42,9 °C à Saint-Côme et Villefranche-de-Rouergue. Les conditions sèches ont favorisé la multiplication des incendies. L'automne a été qualifié de "sec et impactant", avec un mois de septembre exceptionnellement frais et des tempêtes en octobre apportant des vents jusqu'à 117 km/h.
Une vue inquiétante sur l'avenir climatique
Les derniers mois de l'année ont révélé des contrastes frappants, avec un retour de la pluie conséquent en novembre suivi d'un épisode neigeux marquant en décembre, créant des conditions semblables à ce qui pourrait être classique en 2050. "Les mois de novembre et décembre reflètent ce à quoi nous devrions nous habituer dans les années à venir", prévient Sylvie Nouvel.
Des chiffres alarmants
Les statistiques de 2025 témoignent de l'exceptionnalité de cette année : 41 jours dépassant 30 °C à Rodez, contre une moyenne habituelle de 16 jours. Pour les températures supérieures à 35 °C, 10 jours ont été enregistrés, comparé à seulement 2 jours en temps normal. Cette dynamique traduit un changement structurel du climat en Aveyron, une situation confirmée par de nombreux experts du climat.
En somme, l’année 2025 s’inscrit dans un tournant climatique alarmant, alors que les habitants de l’Aveyron doivent s’adapter à cette nouvelle réalité. Les témoignages d’agriculteurs et de jeunes climatologues soulignent la nécessité urgente d'actions face à ce phénomène.







