Dans une volonté de défendre leur profession, des agriculteurs venant des Pyrénées-Orientales, de l'Aude et de l'Hérault se rassemblent ce soir au péage du Boulou, situé près de la frontière franco-espagnole. Dès 3 heures du matin, ils mettront en place un barrage filtrant pour contrôler les véhicules et vérifier la provenance des marchandises ainsi que du bétail transporté.
Cette initiative vise à contester l'accord de libre-échange entre l'Union européenne et le Mercosur, perçu par de nombreux agriculteurs comme une menace pour l'agriculture locale en raison de la concurrence déloyale et des règles sanitaires jugées insuffisantes. En effet, plusieurs études, y compris celles menées par des organismes tels que France AgriMer, soulignent que la qualité des produits agricoles pourrait souffrir face à des importations massives de viande en provenance d'Amérique du Sud.
La mobilisation est orchestrée par la Coordination rurale, qui appelle également la Confédération paysanne à se joindre à eux. Leur solidarité est cruciale, notamment pour ceux qui partiront de Narbonne à 2 heures du matin, afin de faire entendre leur voix face à une politique agricole qu'ils jugent inadaptée.
Des experts comme Pierre Durand, agronome, soulignent que cette mobilisation est nécessaire pour rappeler aux pouvoirs publics l'importance de soutenir une agriculture durable. “Nous devons assurer la sécurité alimentaire de notre pays, et cela passe par la défense de nos agriculteurs”, déclare-t-il.
Ce mouvement s'inscrit également dans un contexte où de nombreux agriculteurs expriment leur mécontentement face à la gestion de l’épidémie de dermatose, qui touche leur bétail. Cette situation renforce la détermination des agriculteurs à agir pour protéger leurs intérêts et leur savoir-faire. La tension monte alors que le gouvernement doit répondre à ces revendications croissantes.
En conclusion, cette mobilisation au péage du Boulou est non seulement une action symbolique, mais également une alerte sur les enjeux agricoles actuels en France. Les agriculteurs espèrent ainsi attirer l'attention du public sur leur situation et la nécessité d'un soutien accru face aux défis à venir.







