Anxiété, phobie scolaire, pensées suicidaires... Le rapport de la médiation nationale met en lumière la santé mentale des élèves, de plus en plus présente dans les saisines. Les parents, élèves, et personnels se tournent vers cette instance lorsqu'ils sont en quête de solutions face aux rigidités administratives.
Le constat est que la médiation vise à remettre de l'humain dans les relations entre tous les acteurs de l'éducation. En effet, les élèves et personnels souffrent souvent d'un manque d'interlocuteurs et d'un système où les interactions sont limitées.
Des cas de plus en plus complexes
Depuis deux ans, l'Éducation nationale a intensifié ses efforts : formation des personnels, protocoles obligatoires et un pilotage renforcé. Cependant, le rapport annuel souligne que parfois, la bureaucratie peut aggraver des situations déjà précaires. Par exemple, lors des examens, l'objectif d'égalité de traitement peut entrer en conflit avec des réalités humaines délicates.
Catherine Becchetti-Bizot, médiatrice de l'Éducation nationale, évoque des cas tragiques où des élèves en difficulté se voient confrontés à des convocation inadaptées. Elle rapporte une situation où une jeune fille a tenté de se suicider à cause d'une convocation qui ne correspondait pas à son parcours.
D'autres témoignages témoignent de l'impact des problèmes de santé physique, comme un élève asthmatique malchanceux lors de son épreuve, recevant un zéro après avoir dû quitter. Ces réalités sont le reflet d'une crise de santé mentale croissante au sein du système éducatif.
Des enjeux à prendre en compte
Pour la médiatrice, le véritable enjeu reste d'apporter un soutien efficace à ces élèves. En 2025, des parents se sont retrouvés en difficulté lorsque leur enfant, victime de phobie scolaire, a été accusé d'absences injustifiées. Grâce à l'intervention des médiateurs, la réalité a pu être reconnue.
L'angoisse liée aux nouvelles modalités d'évaluation, résultant de la réforme du bac de 2018, ne fait qu'exacerber ce mal-être. Les élèves, craignant l'échec, vivent une pression constante.
Pour lutter contre ces difficultés, des préconisations ont été mises en avant, comme augmenter le nombre d'infirmières scolaires et créer des cellules d'accueil spéciales pour ceux qui en ont besoin. Becchetti-Bizot insiste sur la nécessité de proposer des espaces de dialogue et d'écoute pour les élèves en détresse.
En parallèle, la médiatrice a également observé une augmentation de 170 % des saisines émanant des enseignants contractuels, souvent préoccupés par des questions de rémunération ou de contrats instables. Malheureusement, de nombreux enseignants ne parviennent pas à se relever après des traumas personnels ou des événements difficiles.
Pour lutter contre le mal-être au sein du personnel éducatif, le rapport préconise d'organiser des enquêtes en cas de harcèlement et de mieux accompagner les victimes. Un soutien permanent est essentiel pour éviter que les enseignants ne se sentent laissés pour compte.







