L’île d’Oléron est une destination emblématique du département. S'étendant sur 174 km², elle représente la plus grande île française métropolitaine après la Corse. Comme cette dernière, l'île profite du tourisme tout en en subissant parfois les aléas. Entre la volonté des autorités de préserver une authenticité insulaire et les visions novatrices du tourisme, Oléron cherche son équilibre. La Communauté de communes (CdC) évalue que le tourisme constitue 60 % de l’activité économique de l’île, représentant près de 380 millions d'euros. À titre de comparaison, le port de pêche de la Cotinière génère 35 millions d'euros.
Selon Christophe Sueur, maire de Saint-Pierre-d’Oléron et responsable du tourisme au sein de la CdC, l'identité unique de l'île est ce qui attire les visiteurs : « Nous avons une particularité qui se démarque de tout le littoral charentais-maritime. C’est son côté naturel et sauvage. » Le maire souligne l'importance de maintenir une mixité où les activités agricoles, viticoles et ostréicoles continuent d’interagir avec le secteur touristique. « Nos élus refusent de transformer l’île en une simple carte postale aseptisée », ajoute-t-il.
Ce souhait de préserver l’authenticité trouve un écho dans le secteur des campings, qui compte près de 70 établissements sur l’île. Environ une soixantaine d’entre eux, principalement des entreprises indépendantes à gestion familiale, sont membres de l’Association oléonaise de l’hôtellerie de plein air (AOHPA).
Densifier
Karine Urbani, directrice de l'AOHPA, déclare que pour répondre aux nouvelles exigences de confort, les professionnels ont dû agir. « Pour atteindre trois étoiles, un emplacement doit avoir un minimum de 80 m². Cette évolution a contraint certains établissements à réduire leur nombre total d’emplacements, comme passer de 170 à 134 pour offrir plus d’espace. Paradoxalement, en parallèle à la demande pour des mobile homes climatisés, le retour à la toile de tente et au van aménagé est observé. »
Sur le plan écologique, ces professionnels se démarquent nettement. Depuis 2009, l’AOHPA gère de manière autonome la collecte des déchets d'une cinquantaine de campings. Les membres trient méticuleusement, allant jusqu'à collecter les coquilles d’huîtres pour les orienter vers des filières de recyclage. L'association a investi dans un camion-benne pour gérer les tournées de ramassage sur l’ensemble de l'île.

Pour attirer une clientèle plus mobile et en quête d’immersion, de nombreux campings oléronais préservent des emplacements nus et des paysages arborés, situés à proximité des plages, comme le camping La Gautrelle à Saint-Georges-d’Oléron ou le camping municipal Soubregeon à Saint-Denis-d’Oléron.
Cette volonté de promouvoir un tourisme respectueux s’étend également à des investissements de haut niveau. Récemment rénové à Saint-Trojan, le Bel Hôtel Oléron Thalasso & Spa - MGallery Collection incarne cette vision du luxe tournée vers l’environnement. Situé dans une zone Natura 2000 sensible, ce projet de rénovation a mis l'accent sur une architecture utilisant des teintes douces, accompagnée d'une revégétalisation poussée et de performances énergétiques optimales.
Sortir du tout-balnéaire
Évitant une approche autarcique, Serge Lucas, le directeur du site, et Vincent Mariau, directeur général du groupe CLR Hôtels, redéfinissent l’expérience haut de gamme comme une « maison de famille » ouverte aux Oléronais. Spa, piscine et espaces de restauration sont accessibles à tous, qu'ils soient visiteurs de passage ou habitants de l'année. De plus, face à la tension immobilière, une structure d’hébergement pour travailleurs saisonniers a été créée.

Dans le but de sortir du tout-balnéaire, Christophe Sueur mise également sur le tourisme sportif. L'île accueille régulièrement des fédérations et des événements sportifs tout au long de l'année. « Des manifestations telles que l'Ultra Trail attirent des milliers de personnes et génèrent des retombées économiques importantes, estimées à environ 560 euros par ménage », explique l'élu.
Cependant, l'afflux massif pendant l'été pose des défis. Cette année, la gendarmerie expérimente l’utilisation de drones pour surveiller Saint-Pierre-d’Oléron et lutter contre les cambriolages. Enfin, les hébergeurs signalent que la qualité du réseau internet et téléphonique, souvent saturé durant la haute saison, demeure une préoccupation majeure pour les vacanciers.







