Un sondage mené en mai par l’Ifop pour "Sud Ouest" et l'URPS-Médecins libéraux Nouvelle-Aquitaine met en lumière la complexité des rapports que les habitants de la région entretiennent avec leur système de santé. Cette étude repose sur un échantillon de 800 personnes de plus de 18 ans et souligne les difficultés croissantes d'accès aux soins.
Les résultats, intitulés "Les habitants de Nouvelle-Aquitaine et leurs médecins", révèlent une perception commune fondée sur des expériences concrètes. Les questions posées évoquent notamment les barrières à la prise de rendez-vous, la fréquence des difficultés rencontrées, ainsi que les délais d'attente qui s'allongent.
Ce sondage fait état d'une confiance majoritairement élevée envers les médecins : 92 % des répondants affirment avoir confiance en leur médecin de famille. Cependant, 52 % des Néo-Aquitains rapportent des difficultés à obtenir un rendez-vous avec un spécialiste, mettant en lumière un paradoxe. Comme expliqué par l'Ifop, "la confiance envers les professionnels de santé est grande, mais les avis quant à l'accès aux soins deviennent de plus en plus alarmants. Des délais d'attente qui peuvent atteindre six mois à un an pour consulter un spécialiste sont monnaie courante".
Le médecin traitant, un pilier essentiel
Il est essentiel de noter que 59 % des personnes interrogées n'ont jamais rencontré de problèmes pour obtenir un rendez-vous avec leur médecin traitant, illustrant l'importance de ce premier contact dans le parcours de soins. Cependant, 91 % des Néo-Aquitains jugent inacceptable de parcourir plus de trente minutes pour consulter un médecin généraliste. Ce temps de trajet est considéré comme un obstacle à une consultation efficace, augmentant la charge sur les médecins traitants et exacerbant le problème d'accès aux soins.
On constate que les disparités régionales dans la répartition des médecins sont persistantes. Le constat partagé par l'ARS Nouvelle-Aquitaine est que la densité médicale est nettement plus favorable sur la côte atlantique que dans les zones rurales, où les maires et les collectivités locales lancent régulièrement des appels à l'aide pour attirer de nouveaux professionnels. Les difficultés d'accès se concentrent dans des départements comme la Creuse et la Dordogne, où le nombre de médecins pratiquants est extrêmement limité.
Vers des solutions collectives
Face à ces défis, le sondage indique que les habitants privilégient des solutions collectives et organisationnelles, avec 93 % d'entre eux favorables au développement de maisons de santé pluridisciplinaires. Cette approche pourrait être la clé pour mieux structurer l'offre de soins, en coordination avec de nombreux professionnels de santé. De plus, 80 % des participants se disent disposer à être suivis par des infirmiers pour la gestion de maladies chroniques.
Alors que l'accès à des soins adéquats demeure un enjeu de santé publique, les Néo-Aquitains affichent une belle confiance en leurs médecins, tout en appelant à des réformes profondes visant à restructurer le système de santé en régissant les interactions entre professionnels. Ce défi persistant nécessite une mobilisation de toutes les parties prenantes pour garantir une santé de qualité pour tous.







