Alors que la température commence à redescendre après une vague caniculaire intense, les premières constats s’imposent. Selon Santé publique France, environ 1.000 décès supplémentaires ont été enregistrés entre le 23 et le 28 juin, un chiffre alarmant qui entraîne une saturation des services funéraires.
À Paris, les funérariums sont rapidement devenus incapables d'accueillir tous les défunts, avec un surcroît de travail inégalé. Le Samu a déploré 109 décès en l’espace de 24 heures, une statistique dramatique puisque la moyenne à cette période n’est que de sept décès par jour, comme l’a rapporté France Info.
Élisabeth Charrier, déléguée générale de la Fédération nationale du funéraire, précise que la situation s’est aggravée principalement à Paris et en Île-de-France, les professionnels de la mort étant contraints d’improviser des solutions pour gérer ce flux important. « Ce qu’on ne pouvait pas faire sur Paris, on l’a fait en petite couronne », explique-t-elle.
Si certaines régions comme le Sud-Ouest gèrent la chaleur comme d’habitude, d’autres locales, notamment Nantes et Rouen, signalent une demande grandissante, atteignant même 100 % d’occupation des chambres mortuaires dans certaines zones, selon la Fédération nationale funéraire.
Le savoir-faire du secteur funéraire s’est affiné depuis la canicule de 2003, passant de 2.500 à près de 4.000 chambres funéraires en France. Néanmoins, les contraintes administratives demeurent un défi majeur, notamment la gestion des créneaux pour crémations et inhumations qui pourrait causer des délais importants si les mairies n’offrent pas des dérogations nécessaires.
Une autre problématique qui inquiète les professionnels est l’« effet retard » de la canicule, qui pourrait entraîner des complications de santé chez les individus vulnérables plusieurs jours après l'exposition. Santé publique France met en garde sur l'impact à long terme sur les systèmes cardiovasculaires, respiratoires et autres, avec une hausse notable des décès à domicile, en particulier chez les personnes isolées.
Alors que le pic de chaleur s’éloigne, les pompes funèbres doivent se préparer à une charge de travail persistante tout en gérant les pénuries de personnel liées aux périodes estivales. « Avec l‘été, la disponibilité des médecins et des infirmiers pour établir des certificats de décès sera forcément réduite », conclut Élisabeth Charrier.







