Près de La Jonquera, une petite commune catalane, un homme a récemment été condamné à quinze mois de prison pour avoir proféré des appels au harcèlement d'une fillette de 5 ans. Cette affaire remonte à 2021 lorsqu'il a publié sur les réseaux sociaux : "Je suis désolé pour l’enfant, mais il faudrait lui faire du harcèlement scolaire jusqu’à ce qu’il s’en aille." Ce message visait une écolière dont la famille était engagée dans une vive bataille judiciaire pour la langue d'enseignement à Canet de Mar.
Le tribunal de Barcelone a statué que ce post équivalait à une incitation explicite à l'isolement social de l'enfant, avec l'intention de la dénigrer publiquement. Ce jugement est important, car il représente l’une des premières décisions judiciaires allant dans ce sens en Espagne. En octobre dernier, un autre internaute avait déjà été condamné à deux ans de prison pour des publications analogues. Malgré ces menaces, il semblerait que la fillette n'ait pas souffert de harcèlement direct, bien que ses parents rapportent qu'elle a perdu des amis après le début de la controverse.
Une école devenue symbole de la guerre des langues
Ce conflit trouve ses racines dans une décision judiciaire de décembre 2021, où les parents de l'écolière ont obtenu que 25% de l'enseignement soit dispensé en castillan. Cette décision a provoqué une onde de choc en Catalogne, où de nombreux parents craignent pour l'intégrité du modèle d'immersion en catalan dans les écoles publiques. Selon des experts, le modèle éducatif en Catalogne vise à promouvoir l'égalité linguistique, mais des voix s'élèvent contre une possible dilution de la langue catalane dans le système éducatif.
Les partisans de cette mesure soulignent qu’une meilleure maîtrise du castillan est essentielle pour les étudiants, tandis que les autorités catalanes dénoncent ce quota comme une imposition injustifiée. Ces tensions sont accentuées par des récentes décisions judiciaires, notamment le rejet par la Cour suprême espagnole de recours sur cette règle, alimentant davantage le débat.
Malgré le climat actuel, où la règle des 25% est peu appliquée dans de nombreuses écoles, le cas de Canet de Mar continue d’alimenter les discussions sur l’identité et la linguistique en Catalogne. Cinq ans après les événements, la situation semble dans une impasse, alors que des familles continuent de saisir les tribunaux pour défendre leurs droits linguistiques.







