Depuis le début de l'affaire Lyhanna, Sébastien Lecornu s'est illustré par sa discrétion, un contraste frappant avec l'attitude proactive de Gérald Darmanin, garde des Sceaux, qui est toujours sous les projecteurs et confronté à des appels à la démission.
Cette différence de style soulève des questions : est-ce une question de personnalité ou une répartition des rôles ? Selon un proche de Darmanin, les deux hommes discutent constamment. Pourtant, les résultats d'un récent sondage d'Ipsos BVA pour La Tribune Dimanche révèlent une baisse d'opinion pour les deux ministres, Darmanin chutant à 39% et Lecornu à 24%.
Les détracteurs, allant de Mathilde Panot à Yannick Jadot, en passant par Olivier Faure, ne manquent pas de s'exprimer, incitant à des demandes de démission. Pour sa part, Lecornu écarte ces critiques, affirmant sa confiance envers Darmanin.
Les deux politiques, amis dans la vie, sont issus du même milieu de droite. Lecornu, peu connu du grand public, a soutenu Bruno Le Maire, tandis que Darmanin a fait ses premiers pas auprès de figures comme Xavier Bertrand et Nicolas Sarkozy. Néanmoins, depuis l'élection d'Emmanuel Macron, ils se retrouvent dans la ligne de défense du chef de l'État.
Leur dynamique amicale s'est même illustrée de manière humoristique lorsque Lecornu a conseillé à Darmanin de modérer ses ambitions politiques, une mise en garde étonnante pour un homme dont l'importance politique lui permet de jouer un rôle central au sein du gouvernement.
Darmanin, plus expressif que son homologue, prend un ton autoritaire dans la gestion des crises, spécialement depuis l'affaire tragique de la mort de Lyhanna, 11 ans. Bien qu'il ait fait plusieurs déclarations publiques et reçu des critiques, Lecornu a opté pour une approche plus nuancée, privilégiant les discussions en coulisses plutôt que l'exposition médiatique.
Un député socialiste a même qualifié Lecornu de "démineur", tandis que Darmanin doit gérer les communications à la fois au niveau national et parlementaire.
Les deux hommes, bien qu'alliés, montrent parfois des incohérences dans leurs discours. Tandis que Darmanin soutient que tous les moyens étaient en place pour traiter l'affaire Lyhanna, Lecornu annonce des mesures pour renforcer la protection des enfants. Cette dichotomie soulève des interrogations sur la coordination entre leurs missions respectives.
Enfin, la réaction du procureur général près la Cour de cassation, Rémy Heitz, souligne un point crucial : si les critiques sont valables, elles proviennent souvent de ceux qui feignent de découvrir une situation déjà connue des professionnels de la justice.







