Le rapport tant attendu de la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise) arrive à un moment critique, alors que l'affaire tragique de la petite Lyhanna a mis en lumière les failles de la justice face aux violences sexuelles. Ce lundi, la Ciivise présentera son évaluation sur l'application des recommandations émises au gouvernement depuis deux ans.
Fin 2023, la Ciivise avait remis au gouvernement 82 préconisations basées sur deux années de recueil de témoignages. Avec l'affaire Lyhanna en toile de fond, ce rapport arrive à un moment où la confiance du public envers la justice est largement remise en question, notamment à la suite de la mort de la collégienne de 11 ans dans le Gers.
Un « crime de masse »
Maryse Le Men-Regnier, directrice de la Ciivise, et Denis Roth-Fichet, son secrétaire général, se rendront ce midi à la place Vendôme pour présenter leurs conclusions au gardien de la justice, Gérald Darmanin, ainsi qu'à Stéphanie Rist, ministre de la Santé et des Familles. La Ciivise a déjà qualifié les violences sexuelles sur mineurs de « crime de masse », soulignant qu’environ 160.000 enfants en sont victimes chaque année, soit un enfant tous les trois minutes.
Lancée en réponse au choc causé par les révélations de Camille Kouchner dans La Familia Grande, la Ciivise a vu un nombre croissant de témoignages émerger. Des affaires récentes d'abus sexuels, y compris la suspension de 52 animateurs à Paris pour des soupçons de violences sexuelles, témoignent d'une problématique sociale alarmante.
Élaboration d’une proposition de loi
Sous la direction de Denis Roth-Fichet, la Ciivise s'est engagée à suivre de près l'implémentation de ses recommandations dans les divers secteurs tels que la santé, la justice, les forces de l’ordre et l’éducation. Les recommandations soutiennent les 79 dispositions d'une proposition de loi « intégrale contre les violences faites aux femmes et aux enfants », qui reçoit le soutien de personnalités politiques comme Yaël Braun-Pivet, présidente de l'Assemblée nationale, et Sarah El Haïry, haute-commissaire à l’Enfance.
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