"La violence est un problème d'hommes, nous avons un problème d'hommes". Ces paroles prononcées par Mélanie Vogel lors d'une intervention au Sénat, liée à l'affaire tragique de Lyhanna, ont suscité un élan de solidarité parmi les femmes de gauche. Elles soutiennent un discours centré sur la prévention et l'éducation, en opposition à une approche axée sur la répression.
Le Sénat, majoritairement masculin, a réagi avec indignation face à cette affirmation, mais la sénatrice a poursuivi avec détermination : "Le viol, le meurtre, la violence... tout cela est un problème d'hommes. Pas tous les hommes, mais tous les actes sont commis par des hommes." Cette déclaration s'inscrit dans le contexte de la récente tragédie de Lyhanna, collégienne de 11 ans, dont la mort a soulevé des interrogations sur le traitement des plaintes de violences sexuelles dans notre société.
Les femmes politiques soulignent des données alarmantes : selon l'Insee, 97 % des infractions sexuelles en France sont commises par des hommes. Céline Thiébault-Martinez, députée socialiste, a reconnu que "ce sujet est difficile à aborder dans notre société" et a plaidé pour une réflexion profonde sur l'éducation des hommes.
Mathilde Panot, cheffe des députés Insoumis, a dénoncé la culture patriarcale qui maintient ces violences. Sur BFMTV, elle a questionné : "Pourquoi nous ne parlons jamais de la prévention ?" La députée écologiste Marine Tondelier a de son côté appuyé cette critique, suggérant un enseignement dès l'école primaire sur le consentement et l'intégrité corporelle.
Elles ont également dénoncé les coupes de budget aux associations comme le Planning familial et ont réclamé un soutien psychosocial pour les auteurs de violences, plutôt que de se fier uniquement à des mesures répressives.
Le terme "systémique" a été fréquemment employé, évoquant un construit culturel largement ancré dans notre société. Cette réalité a été vue lors des manifestations de cette semaine, où la majorité des participants étaient des femmes. "Où étaient les hommes ?" a interpellé un éditorial du journal Libération.
D'autre part, les responsables politiques de droite, majoritairement des hommes, ont insisté sur la nécessité de sanctions plus sévères. Sébastien Lecornu a proposé un alourdissement des peines, tandis que Bruno Retailleau a plaidé pour la "castration chimique obligatoire" pour éviter toute récidive.
Tous insistent sur la "responsabilité individuelle" des magistrats dans le traitement des cas, comme celui de Jérôme Barella. Jean-Philippe Tanguy, député RN, a balayé l'approche systémique en affirmant que ces violences ne sont pas tolérées par la société.
Laurence Rossignol, sénatrice socialiste, a noté que cette divergence d'opinions trouve ses racines dans une histoire et une culture qu'elle qualifie de patriarcale, notamment parce que la majorité des crimes de violence sexuelle se produisent au sein de la famille, une institution souvent idéalisée à droite.
Elle conclut en soulignant qu'accuser les individus permet d'éviter de questionner le système en place qui favorise certains privilèges. Cependant, elle reste optimiste : "Chez les hommes de gauche et les femmes de droite, les choses évoluent!"







