L'écrivain franco-algérien Boualem Sansal présente ce mardi son dernier ouvrage, intitulé 'La Légende', qui relate son expérience en détention en Algérie. Ce livre, déjà source de vives discussions, place son auteur au cœur de débats diplomatiques et intellectuels brûlants.
Dans cet ouvrage engagé de 240 pages, publié par Grasset, Sansal met le doigt sur le 'régime algérien honni' qui l'a incarcéré pendant 361 jours. Il y évoque un parcours impossible où il a subi une sentence de cinq ans de prison avant d'être gracié.
Sansal exprime une frustration profonde, souhaitant que la France adopte une posture de 'rapport de force' contre le pouvoir algérien pour obtenir sa libération, plutôt que de se tourner vers des négociations diplomatiques. 'Je préférais mourir en prison', confie-t-il sur CNews, qui consacre une journée spéciale à la sortie de son livre.
Cette divergence d'opinion est l'un des éléments qui a conduit à son rupture avec son éditeur historique, Gallimard, au profit de Grasset, une maison d'édition sous l'égide du milliardaire Vincent Bolloré. Sa décision a engendré des tensions, culminant avec le départ d'Olivier Nora, le PDG de Grasset, et une révolte parmi d'autres auteurs de la maison.
Dans une interview récente, il a reconnu ne pas comprendre les critiques qu'il reçoit sur son choix de maison d'édition, alléguant qu'il s'épanouit chez Grasset, où il a reçu un à-valoir impressionnant d'un million d'euros pour son nouveau livre.
- 'Ceux qui m'ont poignardé' -
Dans 'La Légende', Sansal consacre une section aux 170 personnalités qui l'ont soutenu, mais il ne manque pas de dresser un réquisitoire sévère à l'encontre de ceux qu'il considère comme des traîtres. En évoquant 'ceux qui se disaient mes amis et m'ont poignardé dans le dos', il laisse entendre que leurs actions furent pénibles et nombreuses.
Il ne ménage pas non plus les dirigeants de Gallimard, accusant Antoine Gallimard de l'avoir abandonné 'comme un SDF', après avoir été hébergé par l'éditeur à Paris. Antoine Gallimard n'a pas encore répondu aux accusations, jugées 'navrantes' par une source proche de la maison.
Sansal évoque également les critiques de médias tels que Le Monde, Libération et Le Nouvel Obs, qui ont suggéré un glissement de sa pensée vers des idées radicales. 'Je ne suis pas sur une ligne idéologique', annonce-t-il dans une interview publiée par L'Indépendant, où il participe à un festival sur la liberté d'expression à Perpignan.
Il conclut en déclarant que, malgré ses différences d’opinion, des citoyens français s'élèvent contre la perte d'identité, face à la mondialisation et à l'extrémisme religieux.
La sortie de 'La Légende' est accompagnée d'une campagne publicitaire vigoureuse orchestrée par Hachette, promettant de résonner longtemps dans le paysage littéraire et médiatique francophone.







