L'essentiel : Ce lundi 27 avril, le syndicat Ufap-Unsa Justice mobilise ses forces pour bloquer la maison d'arrêt de Carcassonne, dénonçant une détérioration inquiétante des conditions de travail des agents pénitentiaires.
À l'initiative de son bureau national, la section locale annonce un blocage dès 6 h 30 de la maison d'arrêt située avenue du Général Leclerc. Ce mouvement s'inscrit dans une mobilisation nationale contre la dégradation continue des conditions de travail, alors que la France fait face à un surcroît de 88 000 détenus pour seulement 66 000 places disponibles.
Pour Pierre Journet, secrétaire local du syndicat, la situation à Carcassonne est alarmante : "Nous atteignons un taux d'occupation de 250 %, avec 155 détenus pour 64 places. La surpopulation carcérale est devenue une norme, engendrant des conflits majeurs, notamment à cause de l'arrivée de narcotrafiquants de diverses régions. Les moyens humains et financiers sont insuffisants pour faire face à cette crise."
Ce contexte difficile se traduit par 5 000 postes vacants à l'échelle nationale, dont 4 000 pour les personnels pénitentiaires. Dans la région Occitanie, on dénombre un manque estimé à 400 postes, dont 250 en soustraction pour les surveillants, laissant présager une tension croissante dans les prisons locales.
Face à l'annonce de la création de seulement onze postes, le syndicat souligne son insuffisance : "Ce n'est pas suffisant au regard de la réalité des terrains, ignorée par les autorités !" Pierre Journet se réjouit néanmoins d'une affectation qui pourrait inclure quatre postes à Carcassonne, une lueur d'espoir dans un contexte morose, surtout avec six départs à la retraite prévus pour cette année.
Le lundi 27 avril, le blocage se traduira par des difficultés d'accès pour les personnes et les livraisons non essentielles. Cette action est programmée pour s'étendre durant toute la matinée, attirant l'attention sur des revendications urgentes.
"Ce n'est pas en agitant le chiffon rouge que la situation se débloquera"
Bien que solidaires des revendications, le syndicat FO pénitentiaire a choisi de ne pas participer au mouvement. "Nous partageons bien le constat des problématiques de densité carcérale et de postes vacants. Toutefois, des solutions concrètes sont essentielles, loin de tout discours électoral !" La question des élections professionnelles à venir plane également sur cette mobilisation.







