Le 15 avril dernier, près de 100 citoyens se sont rassemblés au Palais des Congrès de Perpignan pour participer à une réunion inaugurale dédiée à l’arrivée de la Ligne à Grande Vitesse (LGV) reliant Béziers à Perpignan. Bien que la rencontre ait été centrée sur les enjeux touristiques et économiques, l'attrait principal des participants était d'en savoir plus sur les caractéristiques détaillées de ce projet d’envergure.
Les citoyens ont jusqu'au 19 juin pour faire entendre leur voix sur la plateforme de la commission nationale du débat public, où divers scénarios sont à l’étude. Entre autres, les débats portent sur la nécessité d'une ligne mixte qui pourrait transporter tant des passagers que des marchandises, ou d'une ligne exclusivement dédiée aux voyageurs. La question des nouvelles gares a également suscité des discussions passionnées parmi les participants.
Gisèle, une retraitée, partage son expérience d’une rencontre similaire il y a dix ans et espère que cette avancée permettra un regain économique pour le département : "Ce que j'espère, c'est que le TGV apporte un renouveau économique dans notre région." Jean-Marc, habitant de Saint-Féliu-d'Avall, est quant à lui impatient d'obtenir un calendrier concret sur cette initiative : "On en parle depuis trois décennies, il est temps de passer à l'action !"
Le projet a également soulevé des préoccupations. Stéphane Lubrano, directeur de la nouvelle ligne chez SNCF Réseau, a répondu aux questions soulignées par des citoyens soucieux de l'impact sur leurs activités. Un arboriculteur de Rivesaltes a exprimé son inquiétude concernant le risque de voir son entrepôt se placer entre deux voies de chemin de fer, menaçant son accès aux poids lourds.
La traversée des Corbières pose question
Des intervenants syndicaux et associatifs ont également pris la parole, insistant sur le besoin d'une ligne mixte intégrant le fret. Marc Maillet, président de l'association de protection de l'environnement Frene 66, a exprimé ses préoccupations concernant la traversée des Corbières, où un long tunnel de 12 km est envisagé. "Il y a des enjeux environnementaux importants à considérer. Un chantier d'une telle ampleur peut avoir des conséquences néfastes sur la biodiversité locale," a-t-il commenté.
La soirée s'est conclue par une table ronde impliquant des acteurs économiques et touristiques des Pyrénées-Orientales. Les prochaines réunions dans le département sont planifiées pour le 6 mai au Soler, axée sur le contournement de Perpignan, et le 28 mai à Rivesaltes, qui traitera des enjeux agricoles.
Malgré l'enthousiasme suscité, la mise en service de la ligne Béziers-Perpignan n'est pas prévue avant 2040.







