En revenant sur sa promesse électorale de ne pas briguer la présidence de la Métropole, Julien Bony, le nouveau maire de Clermont-Ferrand, entraîne une tempête politique au sein de sa propre majorité. Son précédent engagement, souvent répété durant la campagne, visait à se distancer de son prédécesseur qu'il qualifiait de « cumulard ». Pourtant, dans un communiqué du 14 avril, on l’a vu changer drastiquement de cap, annonçant sa candidature à la présidence de Clermont Auvergne Métropole.
« En raison du nouveau contexte post-électoral, j’estime qu’il est de ma responsabilité d’aspirer à cette présidence pour éviter un blocage », a déclaré Bony, mettant en avant la nécessité d'« alliances » stratégiques pour garantir un exécutif fonctionnel. Il défend sa décision en affirmant que l'adaptabilité est préférable au renoncement face à ses adversaires déjà défaits aux urnes.
Cependant, certains membres de son entourage voient cette réorientation comme un faux pas. Un proche a commenté qu'il n’avait pas anticipé que laisser la présidence de la Métropole à un tiers serait contre-productif sur le plan politique. Cette découverte tardive a suscité une vague d'indignation parmi ses partisans, qui expriment leur sentiment de trahison sur les réseaux sociaux en déclarant : « encore des mensonges ».
C'est la guerre des droites qui se joue à la Métropole
L'ancienne tête de la municipalité, Olivier Bianchi du PS, n’a pas tardé à réagir : « Bony tente de détourner l’attention de ses trahisons ». Il accuse Bony d’être pris dans son propre piège, réaffirmant que l'actuel maire s’était engagé à ne pas cumuler les fonctions. Bianchi ajoute qu’il reste éloigné des discussions politiques post-électorales, évitant toute ingérence.
Pour lui, la nécessité de camoufler un reniement aussi flagrant en ajoutant des justifications montre une stratégie de diversion. « Son mandat incertain est devenu un récit inventé pour cacher ses contradictions face à une majorité disparate », déclare Bianchi.
Cette lutte pour la présidence ne se limite pas aux enjeux locaux. Selon l’ancien maire, elle prend des allures de bataille nationale entre factions de droite, préfigurant des luttes plus larges comme celles qui pourraient émerger lors de la prochaine présidentielle. Les élus de la Métropole se réuniront le 24 avril, une date qui pourrait marquer un tournant décisif dans cette saga politique.







