Les municipales à Nice s’annoncent sous un climat de tension entre deux figures emblématiques : le maire sortant Christian Estrosi et le député Éric Ciotti. Ce face-à-face, qualifié de « guerre fratricide », a capté quasiment toute l’attention médiatique, laissant de côté les autres candidats et les véritables enjeux du scrutin des 15 et 22 mars.
Un divorce marqué par des choix politiques divergents
Depuis trois décennies, Estrosi et Ciotti partagent un passé commun, marqués par une relation mentor-élève. Dans un retournement inattendu, leur loyauté s’est muée en rivalité. Estrosi, désormais leader du parti Horizons, affiche son soutien à Emmanuel Macron, tandis que Ciotti a choisi de s’allier au Rassemblement national (RN) en fondant l’Union des Droites pour la République (UDR). Cette divergence n’est pas qu’une question personnelle ; elle illustre un affrontement idéologique plus large.
En conséquence, les deux hommes évitent désormais de se croiser lors des cérémonies publiques, préférant échanger des piques et des sobriquets. La tension est palpable, non seulement entre ces deux personnalités, mais aussi entre les partis qu’ils représentent.
Ciotti en pole position dans les sondages
Les stratégies mises en place par les deux camps s’avèrent distinctes. Ciotti, conscient que son image est entachée par son rapprochement avec l'extrême droite, cherche à élargir son électorat. De son côté, Estrosi tente de reconquérir les voix de la droite traditionnelle en multipliant les gestes conservateurs, comme l’inauguration d’un parvis nommé en l’honneur de Nicolas Sarkozy.
Les sondages révèlent une chose : Éric Ciotti semble prendre de l’avance. Selon une récente enquête d’Elabe, Ciotti serait crédité de 41% des voix au premier tour, devant Estrosi qui se positionne à 30%. Le même sondage annonce un second tour également très disputé : 51% pour Ciotti contre 49% pour Estrosi.
Un autre sondage d’OpinionWay indique une avance encore plus marquée pour Ciotti, lui attribuant 45% des voix, contre 27% pour Estrosi, tout en soulignant que les résultats de cette enquête sont contestés par l'entourage d'Estrosi.
Dans ce contexte, la grande question demeure : le réseau local d'Estrosi suffira-t-il à inverser la tendance, ou les Niçois opteront-ils pour un changement marqué avec Ciotti ? La réponse se dessine pour le 15 mars prochain.







