Lors du premier jour de la Conférence de Munich sur la sécurité, le chancelier allemand Friedrich Merz a déclaré que l’ordre mondial d’après-guerre « n’existe plus » et a souligné l'urgence de restaurer les relations avec les États-Unis. Emmanuel Macron a, pour sa part, appelé à faire de l'Europe un modèle à suivre pour le monde entier.
« L’Europe ne veut plus prendre de gants avec Trump », résume Foreign Policy. Dès les premières interventions, un consensus s'est dessiné parmi les dirigeants européens : l’ordre mondial post-1945 est en déclin et le président américain Donald Trump en porte une grande part de responsabilité.
En ouverture, Merz a affirmé qu'un « profond fossé » avait émergé entre l'Europe et les États-Unis, tout en rappelant l'importance de leur coopération. « À l’ère de la rivalité entre grandes puissances, même les États-Unis ne seront pas capables d’agir seuls », a-t-il insisté, appelant à renforcer la confiance transatlantique.
Confiance érodée
Une cinquantaine de dirigeants mondiaux participent à la conférence cette année, qui traitera de sujets critiques comme la guerre russo-ukrainienne, les tensions avec la Chine, et l'avenir des relations transatlantiques, remarque BBC. Cet événement est d'autant plus crucial que l’engagement américain envers l’OTAN est de plus en plus contesté, notamment à cause des ambitions de Trump.
Emmanuel Macron a clôturé la journée avec une vision pour une Europe forte, moins soumise à l’arbitraire des grandes puissances. Comme le souligne El País, il a émis le souhait que l'Europe soit perçue comme un modèle à émuler, plutôt que l’objet de critiques.
« S’inspirer » de l’Europe
Macron a insisté sur la nécessité pour l’Europe d’adopter une attitude plus positive face aux critiques concernant la liberté d'expression et les migrations. « Au lieu de nous critiquer, chacun devrait s'inspirer de nous », a-t-il soutenu, selon Deutsche Welle.
Parallèlement, Politico note que les pressions américaines poussent l'Europe à investir davantage dans sa défense, mais que Trump pourrait ignorer les conséquences de ses exigences.
« Vieux couple »
Les discussions à Munich n'ont pas seulement traité de la redéfinition de l’alliance transatlantique, mais ont également mis en lumière l’appel à un patriotisme européen renforcé. Les dirigeants ont plaidé pour le développement d'industries de défense indépendantes pour réduire leurs dépendances.
En somme, selon l'analyse de ces discussions, « la relation euro-américaine ressemble à un vieux couple marié qui ne divorce pas mais vit séparément ».
Les attentes se tournent maintenant vers le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, dont le discours pourrait sembler plus conciliant que celui de son prédécesseur, J.D. Vance. Rubio a déclaré que les États-Unis et l'Europe ont toujours été intimement liés et qu'il était temps de redéfinir cet avenir commun.







