L'écrivain Bruno Lafourcade compare Emmanuel Macron à une intelligence artificielle, affirmant qu'il n'a pas d'idéologie propre, mais suit un logiciel dicté par son environnement. Ce style, où les convictions semblent remplacées par des connexions opportunistes, semble agacer les Gaulois réfractaires aux changements.
L'homme providentiel
« On a tellement mal présenté Emmanuel Macron, ce trader plat, qu'il sera difficile de le convaincre. Qui pourrait croire en ce promoteur des pays-hôtels et des générations sacrifiées? »
C'était en février 2017 que je partageais ces réflexions. Trois mois plus tard, je voyais M. Macron triompher à l'élection. La propagande autour de sa candidature était surprenante. Je notais alors, dans le même journal :
« Un débat entre Duhamel et Barbier a révélé un Macron presque mystique, capable de réaliser des exploits incroyables. Cette promotion aurait fait rougir même les produits les moins attrayants de notre supermarché local. »
La réaction des ronds-points
Après la phase de propagande, place à la réalité.
Macron a tout de suite cherché à se démarquer, allant jusqu'à transformer l'Élysée en une sorte de fête techno, entre gogo-dancers et DJ. Image cocasse alors que nos soldats sont tombés dans l'indifférence, persuadés de servir leur pays. Pendant ce temps, il souriait, apparemment ravi.
Sa présence au Qatar, hurlant de manière presque effrénée pendant une finale, a laissé une impression inquiétante. Dans ses discours, il abordait les réformes avec un mépris évident pour ceux qui ne veulent pas suivre le rythme. Les plus vulnérables ont été ignorés, et les fermetures d'écoles, de bureaux de poste et de maternités en milieu rural semblaient ignorer les cris des électeurs frustrés.
Pourtant, l'affaire des gilets jaunes a révélé la fracture sociale. Ces citoyens, que Macron n'avait ni prévus ni compris, viennent des ronds-points et des villages. Des voix comme celles de Joseph, un retraité, ou de Nathalie, infirmière, se sont levées contre un système qui les ignore. Ils ont choisi le gilet fluorescent, symbole de leur désir de ne pas être piétinés par la mondialisation.
Le président algorithmique
Il serait trop facile de blâmer Macron pour toutes les turbulences, du Covid à l'incendie de Notre-Dame. Toutefois, ses réponses, souvent exagérées et déconnectées, illustrent sa nature superficielle. Il semble passer d'un discours à un autre selon le vent politique, adaptation qu'on pourrait qualifier de calculée.
Sa stratégie semble celle d'un manageur pensant moins en termes d'idéologies fixées qu'en termes d'algorithmes. Son discours fluctue, comme s'il s'agissait d'un tableau de bord où les indices fluctuent. Au lieu d'être le chef d'État traditionnel, il administre une interface, engagée dans une dynamique où chaque réaction est modulée en fonction d'un public spécifique.
La quête d'une République en Marche semble avoir été mise sur 'pause'. La start-up française attend désespérément une mise à jour. Combien de temps encore avant qu'une véritable application pour notre nation émerge ?







