Le Premier ministre français Sébastien Lecornu a récemment fait parler de lui en activant l'article 49.3 pour faire avancer le budget 2026, une décision qui n'était pourtant pas prévue. À quoi ressemble ce texte qui vise à redresser les finances publiques de la France ? Voici ce qu'il en est.
Un déficit en ligne de mire
Si le projet est validé, le déficit public est attendu à 5 % en 2026, en baisse par rapport au 5,4 % de 2025. Lecornu a affirmé que la réduction des comptes publics est une nécessité impérative. Cela représente un déficit de 132 milliards d'euros, soit 30 milliards de moins qu'en 2024.
Pour atteindre cet objectif, le gouvernement s'engage à maîtriser la hausse des dépenses publiques, se limitant à 0,8 % en volume, un chiffre bien en dessous des années précédentes où l'augmentation a atteint 1,7 % et 2,1 %. Seuls les ministères régaliens bénéficieront d'une hausse de budget, tandis que 6 milliards d'euros sont prévus pour l'armée. Cette stratégie de réduction des dépenses a été confirmée par le ministre de l'Économie et des Finances, qui déclare qu'« il est essentiel de garder un cap ». (Source : Les Échos)
Pas de nouvelles augmentations d'impôts
Les discussions au sein du parlement ont été intenses, mais Lecornu a assuré que le taux global de prélèvements obligatoires va rester inchangé, à 43,9 %. Cela représente une diminution par rapport à 2019, dernière année de référence pré-pandémie.
Le gouvernement anticipe des recettes de 365 milliards d'euros, avec 100 milliards provenant de l'impôt sur le revenu et 63,5 milliards de l'impôt sur les sociétés.
La grogne des entreprises
Face aux attentes du patronat, aucune réduction de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises ne sera effectuée. Au contraire, une contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises sera maintenue, générant environ 7 milliards d'euros. Cela touche principalement 300 multinationales, parmi lesquelles LVMH, Vinci et Airbus, qui devront contribuer significativement.
Une pression fiscale ciblée sur les ménages riches
Instaurée en 2025, la contribution différentielle sur les hauts revenus, imposant un taux minimum de 20 %, sera prolongée en 2026. Les célibataires gagnant plus de 250.000 euros et les couples au-delà de 500.000 euros seront également concernés. Cela devrait rapporter environ 1,5 milliard d'euros.
MaPrimeRénov’ et soutien aux ménages modestes
Le programme MaPrimeRénov’, qui aide à la rénovation des logements, est maintenu avec des augmentations de budget pour favoriser la transition énergétique. De plus, une hausse de 50 euros par mois de la prime d’activité est promise pour trois millions de ménages à faibles revenus. Ces initiatives sont vues comme un engagement des autorités à soutenir les plus fragiles dans la crise actuelle. Cette approche a été saluée par plusieurs économistes, soulignant la nécessité d'allier rigueur budgétaire et justice sociale.







