Le Haut Conseil à l'Égalité (HCE) avertit que la France doit prendre conscience d'une menace grandissante : le masculinisme. Ce phénomène, qui trouve ses racines dans les années 1980 en réaction à la montée du féminisme, est perçu comme un enjeu de sécurité publique, alors qu'une partie de la société semble minimiser son impact.
Dans un rapport dévoilé ce mercredi, le HCE souligne que d'autres pays, tels que le Canada et le Royaume-Uni, ont déjà intégré le masculinisme dans leurs stratégies de lutte contre l'extrémisme violent. Bérangère Couillard, présidente du HCE, indique : "Il s’agit d’une menace réelle. Une haine envers les femmes peut mener à des actes violents et potentiellement terroristes." Elle plaide pour une reconnaissance appropriée de ce phénomène et demande au gouvernement d'élaborer une stratégie nationale de prévention.
Ce rapport souligne que le retard de la France dans la reconnaissance et la gestion de ce problème pourrait avoir des conséquences graves. En effet, le parquet national antiterroriste a déjà eu à traiter des cas spécifiques liés à des militants masculinistes, ce qui représente une première dans le pays. Le HCE a alerté sur la normalisation des idées masculinistes, particulièrement parmi les jeunes, souvent influencés par les réseaux sociaux.
Une enquête réalisée par Toluna Harris Interactive révèle que 60 % des hommes interrogés estiment que le féminisme vise à donner plus de pouvoir aux femmes, tandis qu'un quart admet que les femmes pourraient être amenées à consentir à des rapports sexuels pour plaire à leur partenaire. Ces résultats font craindre une adhésion croissante à un sexisme dévalorisant qui pourrait pousser certains vers des mouvements plus radicaux.
En conclusion, le HCE appelle à une régulation des plateformes en ligne pour contrecarrer la propagation de ces idéologies hostiles et à renforcer les moyens d'alerte, notamment via Pharos, la plateforme dédiée au signalement de contenus illégaux sur Internet. Le climat socioculturel en France appelle un examen sérieux de ces dynamiques pour éviter que le masculinisme ne s'enracine davantage dans la société.







