La ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, a convoqué ce lundi des représentants des différents partis politiques à Bercy, dans une tentative de débloquer les discussions sur le budget 2026. Alors que les députés ont déjà rejeté le texte lors d'une commission, la ministre espère trouver des « convergences » essentielles avant l’examen du projet à l’Assemblée nationale.
Les enjeux sont nombreux, avec des points de friction notables, notamment concernant les collectivités locales et les « dépenses d’avenir ». Dans un entretien accordé à France 3, Amélie de Montchalin a souligné l'urgence de parvenir à un compromis, avertissant que sans accord, la France pourrait ne pas disposer d'un budget avant la fin janvier, période durant laquelle une loi spéciale est actuellement en vigueur pour assurer une continuité de l'État.
Olivier Faure, le leader du Parti socialiste, a indiqué que ce dernier participerait aux discussions, affirmant la nécessité de sortir de l'impasse budgétaire. Toutefois, la situation est rendue complexe par deux motions de censure déposées par le Rassemblement national (RN) et La France insoumise (LFI), posant une opposition forte contre le traité de libre-échange avec le Mercosur, ce qui pourrait alourdir les débats au sein de l'Assemblée.
Amélie de Montchalin a qualifié les motions de censure d'« acte politique n'ayant aucun sens », tout en mettant en garde contre les conséquences potentielles de leur adoption. Le Premier ministre a, de son côté, évoqué la menace d’une dissolution de l’Assemblée si la situation ne s'améliore pas. Cette dynamique préoccupe de nombreux experts, notamment François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, qui a récemment mis en garde contre le risque d'un déficit public non maîtrisé.
Face à ces blocages, certaines voix, comme celle de l’ancien ministre des Finances Éric Lombard, se sont fait entendre, appelant à l'utilisation de l'article 49.3 pour faire adopter le budget sans débat supplémentaire. En revanche, Olivier Faure a jugé qu'il serait « absurde » de solliciter cette mesure de contrainte. C'est une période décisive pour le gouvernement, qui doit naviguer entre compromis politiques et menaces de crise institutionnelle, tout en aspirant à préserver l'équilibre budgétaire du pays.







