Avec quarante morts et 116 blessés, l'incendie survenu dans la station de Crans-Montana lors des festivités du Nouvel An ne cesse d'attirer l'attention des médias européens. À la suite de cet événement tragique, des questions cruciales émergent concernant la sécurité et le contrôle des établissements dans toute la Suisse. Alors que les systèmes judiciaires de la France et l'Italie se saisissent également de l'affaire, c'est le système suisse qui mènera l'enquête principale.
Une décentralisation au cœur des responsabilités
En Suisse, la responsabilité de la sécurité des établissements publics incombe entièrement aux communes. Contrairement à la France où un comité de sécurité mandaté par la préfecture supervise ces contrôles, la structure décentralisée suisse laisse la charge à des élus locaux. Dominique Motte, politologue et citoyen de Crans-Montana, souligne le paradoxe de ce modèle : « En Suisse, nous avons tendance à fonctionner de manière ascendante. Les citoyens qui élisent leur président communal sont directement responsables de la gestion de la sécurité. »
Ce contrôle local a ses limites, comme l'indique Motte. « Je suis tenu de voir un médecin tous les deux ans pour conserver mon permis de conduire, mais les établissements publics ne sont pas soumis à des examens réguliers. Cela semble incohérent », déclare-t-il.
Une enquête à l'échelle cantonale
La tragédie s’étant déroulée dans le canton du Valais, c’est le droit cantonal qui régira l’enquête. Chaque canton suisse dispose de son propre système judiciaire, ce qui complique parfois la machinerie des enquêtes. Motte précise : « Si un procès est engagé dans le Valais, un appel pourrait être porté au tribunal fédéral, ce qui introduit à nouveau des variations dans l’application de la justice. »
Les interrogations persistantes
Les questions autour de la gestion de cet incendie sont nombreuses. Comment une situation aussi catastrophique a-t-elle pu se produire ? Quelles mesures étaient en place pour assurer la sécurité des occupants ? Les gérants de l'établissement, Jacques et Jessica Moretti, suscitent également des interrogations concernant leur fortune intrigante. Si la fin du secret bancaire en 2018 a amené une certaine transparence, il existe encore des lacunes dans la surveillance financière, comme l'a mentionné une source médiatique suisse.
« Il n’y a pas l'équivalent de Tracfin en Valais, et les contrôles sur les flux financiers restent limités », a déclaré un expert en finance. « Cela pose des défis pour traquer les activités financières suspectes. »
En somme, cet incendie tragique met en lumière non seulement la vulnérabilité des systèmes de contrôle en Suisse, mais aussi la complexité de son paysage judiciaire. Alors que les victimes pleurent leurs pertes, les autorités se doivent de questionner leurs procédures et de garantir que de telles tragédies ne se reproduisent plus, comme le faisait remarquer le quotidien Le Temps.







