La grève des médecins libéraux, qui se poursuivra jusqu'au 15 janvier, s'intensifie et pourrait poser un risque sérieux pour les patients. Comme l’a souligné Yvette Martin, présidente régionale de France Assos Santé Nouvelle-Aquitaine, « une fois de plus, ce sont les usagers qui se retrouvent pris en otage ». Cette organisation, regroupant 85 associations nationales de défense des droits des patients, met en lumière les enjeux cruciaux de cette grève.
La colère des médecins face à ce qu'ils perçoivent comme une menace à leur liberté d'exercice est parfaitement compréhensible. Cependant, souligne Martin, « cette grève implique qu'aucun citoyen ne peut se permettre d'être malade pendant dix jours », affectant gravement les personnes âgées, les enfants et les personnes handicapées. Seules les urgences fonctionnent, un aspect préoccupant compte tenu des difficultés persistantes auxquelles ces services font face, en particulier en période d'épidémies.
La situation s'est aggravée avec une augmentation de 30 à 50 % des appels au Samu, ce qui a conduit à des alertes de la part des responsables de santé. « Le Samu est déjà fragilisé par les épidémies saisonnières », a déclaré un porte-parole de Samu Urgences de France, indiquant un besoin pressant de réformes pour améliorer la réponse aux urgences. Dans ce contexte, des médecins manifestent leur mécontentement partout en France, allant jusqu'à refuser de consulter, sauf en cas d'urgence. À Pau, près de 200 médecins se sont réunis pour protester contre ce qui est considéré comme une gestion autoritaire des soins de santé.
Cette grève intervient en pleine crise sanitaire, alors que le pays fait face à une épidémie de grippe et d'autres virus respiratoires. Le CHU de Bordeaux a déclaré que le centre 15 connaissait une affluence record, nécessitant la mise en place d'une cellule de crise pour gérer l'augmentation des appels. Parallèlement, les cliniques privées ont également annoncé la fermeture de leurs blocs opératoires, avec un report des interventions non urgentes prévu sur la durée de la grève.
Les revendications des médecins s'alignent sur la nécessité d'une réforme urgente du système de santé, car les pénalités imposées aux médecins accusés de fraudes dans les prescriptions d'arrêts de travail et le blocage tarifaire des actes médicaux continuent de susciter des inquiétudes. La difficulté d'accès à un médecin est un problème persistant pour six à sept millions de Français. Les propos de Martin résonnent particulièrement en ce moment : « Il est impératif que de nouvelles mesures soient envisagées pour garantir l'accès aux soins. »
Pour l'heure, le gouvernement et les autorités sanitaires sont appelés à trouver rapidement des solutions pour atténuer l'impact de cette grève sur les usagers. Les conséquences de cette situation sur la santé des Français pourraient avoir des répercussions à long terme.







