La ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, a réitéré, ce samedi 3 janvier 2026, son appel à une « désescalade » des tensions qui embrasent le monde agricole. Dans un entretien accordé à la Tribune Dimanche, elle a insisté sur la nécessité de mettre fin aux blocages et à la violence, en vue de la rencontre imminente entre agriculteurs et le Premier ministre. Les syndicats agricoles, pressés par la nécessité de défendre leurs intérêts face à des crises telles que celle de la dermatose bovine, se mobilisent fort.
Genevard a affirmé sa volonté de défendre les intérêts français dans le cadre de la politique agricole commune (PAC) à venir, ainsi que concernant le traité de libre-échange UE-Mercosur. Elle a annoncé que les syndicats, lors de leurs discussions avec le gouvernement, préciseront leurs attentes, alors même que la promesse d'annonces imminentes de Matignon est attendue.
« Il est essentiel d'opérer une désescalade de la violence et de mettre un terme aux blocages, cela relève de la responsabilité des organisations syndicales », a-t-elle déclaré, marquant son inquiétude face aux actes de violence, qui selon elle, ne représentent qu'une « minorité » des agriculteurs. Genevard a souligné qu'il est impératif de sanctionner ces violences.
Concernant le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières, elle a précisé avoir agi pour diminuer son coût pour les exploitants, bien qu'il demeure élevé, à hauteur de 4 000 € par an par exploitation. Elle souhaite la collaboration d'autres pays européens pour solliciter un report de ce mécanisme, qui pèse lourd sur les agriculteurs. Annie Genevard a d'ailleurs sollicité l'appui de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, pour un ajustement favorable.
Dans le cadre du traité UE-Mercosur, qui suscite une opposition grandissante parmi les acteurs du secteur agricole, la ministre a annoncé l'activation d'une mesure conservatoire visant à suspendre l'importation de produits contenant des substances interdites en Europe. La FNSEA, principal syndicat agricole, a quant à elle évalué l'impact des dernières décisions à **500 millions d'euros pour les grandes cultures**.
Dans un contexte de tensions croissantes, Annie Genevard a appelé les députés à faire preuve de responsabilité. Les récents rejets de budgets par le Parlement suscitent de vives inquiétudes, notamment pour des dispositifs essentiels comme le plan viticole. Chaque décision à venir pourrait avoir un impact significatif sur l'agriculture française.
Des experts du secteur s'interrogent sur les moyens nécessaires pour apaiser les tensions. Jean-Pierre Fleury, analyste agricole, souligne : « Un dialogue ouvert entre le gouvernement et les syndicats est essentiel pour éviter l'escalade et restaurer la confiance. »







