Le gouvernement français a annoncé, le 4 janvier 2026, une initiative décisive pour préserver la sécurité alimentaire et protéger ses filières agricoles. Sous l'impulsion du Premier ministre Sébastien Lecornu et de la ministre de l'Agriculture Annie Genevard, un arrêt sera prochainement publié pour interdire l'importation de denrées alimentaires contenant des résidus de substances interdites sur le territoire européen.
Parmi ces substances, figurent le mancozèbe, le glufosinate, le thiophanate-méthyl, et le carbendazime, largement utilisés dans des fongicides et herbicides importés notamment d'Amérique du Sud. Ces produits sont souvent présents dans des aliments tels que les avocats, les mangues, les goyaves, mais aussi dans divers agrumes et raisins. "Nous ne pouvons pas tolérer que des substances prohibées chez nous soient importées", a souligné Annie Genevard dans un message sur le réseau X.
La décision du gouvernement fait écho aux préoccupations croissantes des consommateurs et des agriculteurs face à une concurrence jugée déloyale. S'appuyant sur les recommandations des experts en agriculture, Annie Genevard a affirmé que la France se devait de respecter les normes les plus strictes afin de garantir la santé publique. Selon l'institut de recherche INRAE, cette mesure devrait également favoriser la prise de conscience chez les consommateurs sur l'importance des produits locaux et durables.
Pour garantir la mise en oeuvre de cette réglementation, des contrôles renforcés seront mis en place. Une brigade spécialisée sera chargée de s'assurer que seuls les produits conformes aux normes françaises soient disponibles sur le marché. S. Lecornu a précisé que des fruits comme les melons, abricots, et fraises ne pourront être vendus en France que s'ils ne présentent aucun résidu de ces substances interdites.
Une réglementation à l'échelle européenne
Cette suspension des importations est envisagée comme un premier pas vers une agriculture plus responsable en France, mais elle devra aussi recevoir l'aval de la Commission européenne, qui pourrait l'examiner lors d'une prochaine réunion. "Nous espérons obtenir ce feu vert", a déclaré Genevard, soulignant que des limites maximales de résidus fixées par l'UE sont jugées trop élevées par de nombreux experts.
Cette initiative pourrait également envoyer un signal à l'échelle européenne sur la nécessité de renforcer les normes concernant les importations alimentaires. Comme l’a mentionné Eric Thirouin, président de la Fédération Nationale des producteurs de fruits et légumes, "il est temps que l’Europe accorde plus d’attention aux normes de sécurité qui protègent nos agriculteurs et notre santé". Ce changement de politique alimentaire pourrait transformer le paysage agricole français, offrant ainsi une opportunité de redynamiser le secteur tout en protégeant les consommateurs.







