Lors de son intervention devant des eurodéputés à Bruxelles, le cardinal Robert Sarah a fermement critiqué les manœuvres des institutions occidentales d'utiliser l'aide au développement pour imposer une vision déséquilibrée de la famille, de la sexualité et de la dignité humaine en Afrique. Son discours, organisé par les eurodéputés ECR Paolo Inselvini et Nicolas Bay, a mis en lumière une nouvelle forme de domination culturelle.
Les mots comme instruments de pouvoir
La bataille des mots est au cœur de cette confrontation, selon le cardinal. Il argumente que des termes souvent perçus comme favorables, tels que les droits humains ou l'égalité, cachent en réalité des agendas politiques. Par exemple, l'expression "santé sexuelle et reproductive" est, selon lui, un véhicule pour promouvoir l'accès à l'avortement.
Pour Sarah, cette dérive s'inscrit dans un "néocolonialisme culturel et économique", où les pays occidentaux imposent leurs normes tout en prétendant agir au nom de la coopération et du progrès social. Son analyse rejoint celle de nombreux experts, comme Jean-Michel Blanquer, ancien ministre de l'Éducation nationale, qui a récemment souligné les dangers de la domination idéologique dans les accords internationaux.
L'impact de l'aide au développement
Le cardinal a également dénoncé la manière dont l'Union européenne conditionne certains programmes d'aide à des réformes législatives en matière de droits sexuels et familiaux. Il cite l'accord de Samoa, encadrant les relations avec des pays d'Afrique et assure que la législation ougandaise sur l'homosexualité est un exemple frappant de ce phénomène.
Il rappelle la récente résolution du Parlement européen appelant à des mesures contre l'Ouganda, ce qui, selon lui, porte atteinte à la souveraineté nationale. Valeurs Actuelles souligne qu'une telle approche ne respecte pas le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes.
Pour une nouvelle alliance
Cependant, le cardinal n'exclut pas une coopération future entre l'Europe et l'Afrique. Au contraire, il propose un partenariat respectueux, éloigné de toute supériorité morale. Il observe que le continent africain, loin d'être une simple cible de développement, pourrait apporter à l'Europe une vitalité démographique et des valeurs culturelles riches.
Dans cette optique, Robert Sarah appelle les institutions européennes à une introspection. L'avenir des relations entre l'Afrique et l'Europe, dit-il, dépendra de leur capacité à écouter plutôt qu'à imposer. Une mise en garde contre un Occident qui, après avoir cherché à civiliser l'Afrique, tend désormais à la convertir à ses idéaux.
Face à cette situation, le cardinal lance un appel au dialogue, soulignant que l'Europe, souvent perçue comme "vieillissante et fatiguée", aurait beaucoup à gagner d'une telle dynamique d'échanges respectueux.







