Entre hurlements de protestation et applaudissements sporadiques, le lancement de la campagne de Marine Le Pen et Jordan Bardella a pris une tournure inattendue. Ce premier déplacement s'annonce déjà comme un prélude à une campagne potentiellement chaotique.
Le lendemain de l’annonce de sa candidature, malgré une condamnation en appel, Marine Le Pen a choisi d’être en vue au marché de La Flèche (Sarthe), une ville où le Rassemblement National (RN) a remporté des élections municipales en mars. Ce déplacement était également l’occasion de retrouver sa sœur, Marie-Caroline, qui avait failli remporter un siège lors des législatives de 2024.
Cependant, les manifestants n’ont pas tardé à faire entendre leur voix. Armés de casseroles et arborant des drapeaux de la France Insoumise et d'autres mouvements écologistes, ils ont appelé à empêcher la candidate de se déplacer librement, scandant des slogans comme "Pas de délinquants au gouvernement!".
La candidate a finalement fait son apparition par une rue latérale, entourée de supporters, principalement des retraités. Avec un sourire aux lèvres, Marine Le Pen s'est montrée ouverte aux médias, alors que Jordan Bardella, plus réservé, n’a pas caché sa satisfaction à l'idée de voir Le Pen porter les couleurs du RN lors de la prochaine présidentielle.
Derrière la célébration se cachait néanmoins une ambiance tendue, les manifestants continuant à huer les deux responsables, recouvrant les chants de soutien avec leurs bruits de casseroles. Romain Lemoigne, le maire de La Flèche, a tenté de minimiser la portée de ces protestations en qualifiant l’accueil d’"extrêmement favorable". Anita, une sympathisante de 58 ans, a réagi avec sarcasme, notant que tous les politiciens ont leurs propres "casseroles à traîner".
La contestation a cependant eu un impact visible sur la campagne, forçant Le Pen et Bardella à écourter leur promenade. Après seulement une vingtaine de minutes d'interactions limitées avec les électeurs, le duo a dû se reloger rapidement dans une voiture pour se diriger vers l'hôtel de ville.
Interrogée sur le déroulement de sa campagne, Marine Le Pen a demandé au Ministère de l'Intérieur de garantir un environnement propice à tous les candidats, sans violence. Pendant ce temps, Jordan Bardella a exprimé qu'il ne ressentait aucune pression ajoutée face aux circonstances actuelles et a réaffirmé leur collaboration étroite.
Marine Le Pen n’a pas caché sa satisfaction, rappelant que la Cour l’avait déclarée éligible et qu’elle engagait un pourvoi en cassation pour prouver son innocence. Face à une série de questions sur ses problèmes juridiques, elle a exprimé son agacement, insistant sur le fait qu'elle ne passerait pas toute la campagne à débattre de cela.
Elle a aussi évité de répondre directement à une question critique : si la Cour de cassation rejetait son appel en 2027, l’empêcherait-elle de poursuivre sa campagne ? "Avec des si, on met Paris en bouteille", a-t-elle rétorqué, affirmant jusqu’au bout qu’elle n’avait pas l’intention de retarder la décision de la Cour avant les élections. "Il faut risquer pour gagner" a-t-elle déclaré avec assurance.







