Malgré un foisonnement de documents, la Cour des comptes avertit que l'accès à l'information budgétaire demeure limité, mettant en péril la compréhension générale des citoyens, médias et experts. Dans son analyse, la Cour déclare que cette situation "compromet la vision d'ensemble", un constat renforcé par un rapport rendu public mardi 23 juin.
À quelques jours d'un comité d'alerte sur les finances publiques, et alors que les discussions autour du budget 2027 se profilent, les Sages de la rue Cambon ont scruté la manière dont le gouvernement expose ses finances. Leur constat révèle que le projet de loi de finances (PLF) pour 2026 est accompagné de près de 100 documents, totalisant 15 700 pages.
Vers la création d'un portail unique?
Les analystes soulignent que "l'intelligibilité de cette communication reste faible pour les citoyens", particulièrement à cause de la dispersion des informations sur différents canaux, rendant l'accès ardu et désarticulant la vision d'ensemble. Ils recommandent la création d'un portail unique consolidant toutes les informations financières publiques.
Par ailleurs, la Cour des comptes fait remarquer que "la communication financière publique subit également des lacunes en coordination et en continuité des messages et indicateurs depuis plusieurs années". Les experts plaident donc pour une meilleure synergie entre les différents ministères, comme l'a aussi relevé la Cour des comptes.
Concernant l'accès des experts à l'information budgétaire, il est précisé qu'un "plan d'action" est en cours pour "améliorer la diffusion des données". Des efforts sont nécessaires pour enrichir les informations pluriannuelles, et assurer une meilleure robustesse des comptes nationaux trimestriels des administrations publiques.
Enfin, la Cour, chargée de surveiller les comptes de l'État, évoque des dysfonctionnements significatifs dans certains cas et des insuffisances d'éléments probants, engendrant des opinions avec réserve sur les comptes de l'État. Cette situation critique suscite des interrogations quant à la capacité du gouvernement à assurer une communication claire et efficace de ses finances publiques.







