En réponse aux récentes révélations concernant l'affaire Lyhanna, le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a dévoilé ce mardi 23 juin un plan ambitieux visant à instaurer "un choc numérique" au sein de son ministère.
Lors d'une annonce sur franceinfo, Darmanin a affirmé qu'il souhaitait atteindre le "zéro papier dans les six mois" suivants. Cette initiative fait suite aux conclusions d'une mission d'inspection qui a mis en lumière de graves dysfonctionnements dans le cadre de l'enquête sur la mort de Lyhanna. Les magistrats et enquêteurs ont signalé des plaintes mal gérées, dont celle pour viol sur mineure contre Jérôme Barella.
Soumis à des critiques croissantes, le ministre a indiqué que ce changement technologique est en marche depuis un an, tout en déplorant le manque de ressources allouées par l'Élysée. "Nous allons tout numériser", a-t-il déclaré, en insistant sur l'importance de recourir à "l'intelligence artificielle dans toutes les juridictions". Selon lui, cette démarche répond à des problèmes structurels profondément ancrés dans le système judiciaire, qu'il qualifie de "préhistoire numérique".
Combiner technologie et bon sens
Pour éviter que des situations comme celle de Jérôme Barella ne se reproduisent, Gérald Darmanin réitère son désir de numériser l'ensemble des juridictions. "Le bon sens ne remplacera jamais les logiciels", a-t-il ajouté, appelant les enquêteurs à adopter des méthodes de communication plus efficaces. "Informer par mail ou par téléphone aurait pu éviter des pertes précieuses de temps dans des cas aussi sensibles", a-t-il souligné.
Cependant, la mise en œuvre de l'intelligence artificielle doit se faire prudemment. "Nous traitons des données sensibles, liées à des secrets d'instruction et d'enquête, que nous ne pouvons pas conserver sur des serveurs situés à l'étranger", a-t-il averti, soulignant la nécessité de protéger les informations sensibles lors de cette transition technologique.







