Le maire de Lens (Pas-de-Calais) a pris l'initiative d'interpeller le rectorat mardi, à la suite des inquiétudes exprimées par des parents d'élèves quant à une enquête en cours concernant un ancien enseignant de la ville, suspecté de consultation de contenus pédopornographiques.
Ce dernier a mentionné que « plusieurs familles lensoises » avaient reçu un courrier du ministère de l'Intérieur, stipulant qu'une enquête était ouverte sur des allégations de violences sur mineurs commises par un professeur ayant exercé dans la région entre 2009 et 2025. Dans cette lettre adressée à la rectrice de l'académie de Lille, le maire socialiste Sylvain Robert a exprimé sa surprise de ne pas avoir été préalablement informé de l'envoi de ces courriers.
M. Robert s'interroge également sur les mesures de sécurité mises en place au sein de l'établissement et sur la présence d'une "cellule psychologique" pour le soutien des élèves. Le rectorat de Lille a réagi en annonçant qu'un "temps d'information" ainsi qu'un accompagnement pour les parents seraient organisés à partir de jeudi.
Le courrier émanait de l'Ofmin, un service de la police nationale chargé des procédures liées aux victimes mineures. Le procureur d'Aix-en-Provence, Jean-Luc Blachon, a confirmé que les enquêteurs cherchaient à "identifier et entendre tous les élèves et anciens élèves qui auraient été témoins ou victimes des actes d’inconduite" du professeur en question, corroborant ainsi des informations dévoilées par la Voix du Nord.
Le procureur a également annoncé qu'un ancien enseignant de Lens a été arrêté avec neuf autres individus fin novembre 2025, dans le cadre d'une enquête sur la détention et la diffusion d'images pédopornographiques, ainsi que pour non-dénonciation d'agressions sexuelles sur mineurs. Cependant, pour le moment, aucune de ces personnes n'a encore été mise en examen pour des infractions telles que l'agression sexuelle, la corruption ou le viol sur mineurs.
Le professeur, ainsi que deux autres suspects considérés comme les principaux protagonistes de ce réseau, sont toujours en détention provisoire. Selon M. Blachon, ce groupe opérant à travers toute la France utilisait une plateforme cryptée pour échanger et diffuser une multitude de contenus pédocriminels.
Le rectorat a précisé que, suite à son interpellation, l'enseignant est désormais en situation de "services non faits, sans traitement", ce qui signifie qu'il ne reçoit pas de rémunération. De plus, une procédure disciplinaire sera engagée dès que les résultats de l'enquête seront formalisés.







